Personne n’en saura rien par Sylvie Granotier

Avatar – Let it burn

Personne n’en saura rien est un thriller écrit par Sylvie Granotier et publié aux éditions Le Livre de Poche en 2016. Il comporte 256 pages.

Mélusine, Jeanne, Irène… Aucune n’est ressortie vivante de l’arrière de cette camionnette qui sillonnait les côtes françaises. L’assassin n’a jamais été inquiété. Isabelle a seize ans quand elle croise sa route. Elle est prête à tout pour survivre. Aujourd’hui, elle est seule à savoir qui se cache derrière ce gros type solitaire jugé pour viol sur mineure. Pourtant elle se tait et c’est lui qui a peur. La victime est-elle bien celle que l’on croit ? On retrouve dans ce suspense sombre et intense la virtuosité de l’auteur du Passé n’oublie jamais. Histoire d’une vengeance et d’une manipulation, Personne n’en saura rien explore avec une subtilité dérangeante les rapports de domination et de soumission.

***

Après ma grosse période de lectures de l’imaginaire pour combler mon retard dans mon challenge, j’ai voulu lire quelques thrillers pour couper un petit peu, étant donné qu’il s’agit de mon genre de prédilection et que je n’en ai que peu lus. Je m’étais laissée tenter par Je te vois qui fut une déception. Ne voulant pas m’avouer vaincue, j’ai cherché à la bibliothèque l’autre fois, un autre thriller. Et j’ai trouvé personne n’en saura rien, seul sur sa petite table caché derrière un gros roman. Intriguée, j’ai voulu lui donner une chance, seulement sa solitude aurait du me mettre la puce à l’oreille. Résultat, je n’ai pas aimé ce thriller, je ressors même carrément déçue de ma lecture.

Dans ce thriller nous avons une alternance de points de vue qu’il est important de souligner. D’un côté nous avons le procès de Jean Chardin accusé de viol sur mineure, de l’autre nous avons à la fois l’histoire des victimes d’autres viols de cet homme sur plusieurs années et également l’histoire d’Isabelle, la victime dont nous parlons durant le procès. Je vous l’accorde, ça fait beaucoup. Cependant, l’idée est intéressante puisqu’elle pourrait nous permettre d’avoir des éléments supplémentaires mais qui ne sont pas abordés pendant le procès ou bien voir certaines choses telles qu’elles se sont déroulées.

« J’étais une enfant peureuse. Je pensais connaître la peur, je n’en avais même pas le début du commencement de l’idée. Ce jour-là, j’ai su que c’était vraiment une sensation abjecte, avilissante, déshumanisante. Ce jour-là, je suis devenue un fétu de paille emporté par une tempête. La tempête ne considère pas le fétu, elle le broie, c’est tout. Parce que c’est sa nature. »

Cependant, cela n’a pas pris avec moi. J’ai trouvé qu’il y avait une omniprésence de Jean Chardin dans ce livre, et surtout de sa vie privée. Comme si on voulait rendre le lecteur complice, que l’on voulait attirer son empathie sur ce personnage. Et ça m’a vraiment dérangé, dans le sens où cet homme a commis de graves crimes et à mes yeux, il restera coupable. Je ne peux pas lui donner réparation, et envisager que l’on puisse me demander, en tant que lectrice, de lui donner une seconde chance, que l’on me rende complice de sa vie … J’ai eu beaucoup de mal avec ça. Après je peux aussi comprendre que l’autrice ait voulu nous dire que le violeur pouvait être Monsieur Toutlemonde, mais pour moi, c’était trop insister là-dessus. (Mais si c’était l’intention, elle n’en reste pas moins louable.)

De plus, j’ai trouvé que les passages sur les victimes étaient bien trop superficiels. Je m’explique : on insiste sur le avant, légèrement sur le après, mais le pendant passe à la trappe. On parle du violeur, de sa voix, mais les victimes ? Leurs sentiments ? Ou même leur absence de sentiments ! Mais que l’on s’attarde davantage sur elles ! Je trouve que c’est important, pour le coup, à aucun moment le lecteur ne compatit RÉELLEMENT avec elles, rien ne nous l’a incité par rapport au violeur où nous avons toutes ses pensées et tous ses états d’âme. Il aurait peut-être fallu mieux répartir cela, je ne sais pas…

Les personnages m’ont laissée plutôt indifférente : Claire, la mère d’Isabelle se laisse complètement marcher dessus par sa fille qui est un cliché parfait de l’adolescente rebelle qui enchaîne les 400 coups… à 14 ans (au début de l’histoire du moins !). Ce cliché a le don de m’énerver, ce n’est donc pas facile de s’attacher, vous en conviendrez. Je n’ai aucun commentaire à faire sur la famille de Jean Chardin, elle m’a laissée indifférente. L’amitié entre Cécilia et Isabelle m’a rappelé l’amitié entre Rainey et Tina dans le roman D’extase et d’amour féroce. J’avais trouvé, à l’époque, les deux jeunes filles touchantes, dans ce roman-ci, j’ai été moins touchée mais j’ai eu de la sympathie pour les deux filles.
J’ai trouvé Steve, le conjoint d’Irène, victime de Jean, extrêmement touchant.
Pour le reste, rien de particulier.

« A quinze ans, l’avenir n’est qu’une rallonge du présent. »

J’ai eu le sentiment que Sylvie Granotier voulait s’attarder sur les cadres familiaux de ses protagonistes : que ce soit Jean ou isabelle, on en apprend beaucoup sur leur éducation, leur vie privée, leur contexte familial…

J’ai également eu un problème avec le résumé, qui nous promet, je cite un suspense sombre et intense qui n’est pour finir absolument pas présent dans l’histoire. Et de manière générale, je m’attendais à tout autre chose ; parfois je suis agréablement surprise lorsque le résumé ne colle pas à l’intrigue (on se rappelle Reflex) mais dans le cas présent, j’ai plutôt été déçue. De plus, je n’ai pas accroché avec la plume de l’autrice que j’ai trouvé trop peu percutante. J’ai relevé des fautes d’orthographe, qui m’ont un peu dérangée et j n’ai pas compris du tout la fin… Et j’ai été vraiment déçue sur ce point, car c’est sur ses frêles épaules que reposait mon avis final pour le livre.

« – Tout le monde parle de lui comme d’un blagueur.
– Ça n’empêche. Les blagueurs ne sont pas forcément des joyeux. »

En conclusion : ♥♥ J’ai été plutôt déçue par ce thriller qui me promettait des choses que finalement je n’ai pas eues. Les partis pris de l’autrice m’ont dérangée, je ne me suis pas attachée aux personnages et le système points de vue ne m’a pas convaincue. Cependant certaines idées sont louables, mais auraient pu, à mon avis, être inclues de manière plus adroite.
Je ne pense pas lire d’autres livres de cette autrice.

Par Nina

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2 réflexions sur “Personne n’en saura rien par Sylvie Granotier

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