La servante écarlate par Margaret Atwood

The Handmaid’s Tale – Their First Time

Couverture La servante écarlateLa Servante écarlate est une dystopie écrite par Margaret Atwood et publiée aux éditions Robert Laffont en 2015 (mais parue bien avant, cela va sans dire). Il comporte 546 pages.

Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’Etat, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Evangile revisité. Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d’une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

***

Avec la sortie de la série et les avis dithyrambiques du Charmant petit monstre et de broco, j’avais vraiment envie de me lancer dans ce livre, dont le propos me rendait déjà curieuse. Étant donné qu’il est à la bibliothèque dans laquelle je travaille, j’en ai profité. Je ressors vraiment conquise de ma lecture, mais complètement atterrée également !

Le roman se passe dans un futur qui nous semble proche. Un attentat a eu lieu pour renverser le pouvoir, par un groupe de fanatiques religieux. La société entière a été reformée, en commençant par les droits donnés aux femmes. Celles-ci perdent petit à petit leur travail, leur compte en banque, leur crédibilité puis leur libertés. Elles sont ensuite mises au service de la société en différentes catégories : Les servantes qui sont là pour la reproduction (et qui font les courses), les Marthas qui sont des femmes d’intérieur, mais il y a aussi les Ecofemmes, les antifemmes et d’autres groupes encore, plus variés et aberrants les uns que les autres.
Bien évidemment, d’autres aspects du quotidien ont été réformés : par exemple, la religion catholique est devenue omniprésente dans la société (donc bien entendu, les homosexuels deviennent hors-la-loi, on ne divorce pas…) bref bref bref, tous ces droits durement acquis ne valent plus rien.
Le nouveau régime en place, La République de Gilead est en plus de cela presque comme un régime totalitaire et oppressant : en effet, ceux qui ne vont pas dans le droit chemin (selon l’Eglise) se retrouvent (au mieux) dans les colonies à ramasser des déchets toxiques (avec les femmes stériles) ou bien pendus et leur dépouille est fièrement montrée à tous les passants en guise d’avertissement.

« Je suppose que tous les enfants pensent la même chose, de toute histoire antérieure à la leur. Si ce n’est qu’une histoire, cela devient moins effrayant. »

Dans ce roman, nous suivons Defred, une servante écarlate au service d’un commandant et de son épouse Serena Joy, une ancienne vedette de télévision. Dans cette société, avoir une servante est un gage de richesse, c’est la raison pour laquelle seuls les plus hauts-placés peuvent s’en « offrir » (j’ai mal d’écrire cela !) une. Nous assistons donc au quotidien de la jeune femme mais aussi par extension, à celui de toutes les servantes écarlates de Gilead. En parallèle, nous avons également des réflexions de Defred sur son passé, ses amis et sa famille : sa vie est tout à fait semblable celle que nous vivions actuellement et nous comprenons que petit à petit elle a vu son monde tomber en chute libre, jusqu’à la place qu’elle occupe aujourd’hui (perte de son travail, de son compte en banque, passage sous la tutelle de son mari, séparée de lui et de sa fille pour finir chez le Commandant…). Et c’est tout à fait affolant, si l’on regarde étape par étape, on se dit clairement que demain, il pourrait nous arriver la même chose ! On s’identifie même carrément à l’héroïne puisque l’histoire est écrite à la première personne. Donc c’est comme si, nous même avions vécu tous ces changements et que nous mêmes devenions servante à la place de Defred. Et ça fait vraiment peur.

« Un homme stérile, ça n’existe plus, du moins officiellement. Il y a seulement des femmes qui sont fertiles et des femmes improductives, c’est la loi. »

Je pense que la place du roman de Margaret Atwood se renforce d’autant plus lorsque l’on voit ce qu’il se passe politiquement dans le monde aujourd’hui. Que ce soit dans des pays aussi développés que les États-Unis avec la présidence de Trump, qui redevient petit à petit un pays conservateur (je pense que je vais attendre encore quelques années avant de voir la statue de la liberté moi…!), mais également à d’autres pays dans lesquels les femmes ont très peu de droits (même si pour le coup, dans ce cas-ci elles ne vivent pas forcément la démarche inverse comme dans le livre). Cela nous montre donc jusqu’où peuvent aller les choses alors qu’au départ tout part de rien. Cela nous montre également à quel point il ne faut jamais cessé de lutter contre nos libertés, car même lorsqu’un droit nous semble être acquis, il peut nous être à tout moment retiré.

« De temps en temps nous changeons d’itinéraire ; rien ne l’interdit, pourvu que nous restions à l’intérieur des barrières. Un rat dans un labyrinthe est libre d’aller où il veut, à condition qu’il reste dans le labyrinthe. »

En conclusion : ♥♥♥♥ J’ai vraiment été secouée par ce livre tant je me suis identifiée à son héroïne. A de nombreuses reprises, j’ai failli envoyer le livre à l’autre bout de ma chambre : ce qui est dit à l’égard des femmes est absolument régressif et scandaleux mais peut en même temps est le reflet de ce que serait notre monde on ne se battait pas pour le respect de nos droits et de l’égalité hommes/femmes. Un livre à mettre selon moi dans toutes les mains.

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Par Nina

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2 réflexions sur “La servante écarlate par Margaret Atwood

    1. Fonce ! Il est vraiment très bien ! Bon… à plusieurs reprises tu as envie de lancer le livre à l’autre bout de la pièce tant ce qui est dit est révoltant… mais ça montre qu’il est percutant! 🙂 & n’hésite pas à venir me dire ton avis lorsque tu l’auras terminé !! 😀

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