Six of Crows par Leigh Bardugo

Alan Walker – Sing me to sleep 

Couverture Six of crows, tome 1

Six of crows est le premier tome d’une série fantasy écrite par Leigh Bardugo et publiée aux éditions Milan. Il comporte 424 pages.

Ketterdam : une ville grouillante de malfrats où tout s’achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l’a fait autant sien que Kaz Bekker, dit « les Mains Sales ». Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe : un soldat assoiffé de vengeance, un tireur d’élite accro au jeu, un jeune fugueur des beaux quartiers, une espionne défiant les lois de la gravité, et une Grisha aux puissants pouvoirs magiques. Six dangereux hors-la-loi seuls capables de sauver le monde – s’ils ne s’entretuent pas avant…

***

Ce livre est une de mes nombreuses lectures d’été. Encore une fois, Nina a agi comme ma conscience pour me diriger vers ce bouquin, qui à défaut d’être parfait, demeure un moment sympa de lecture.

Première remarque sur quelque chose qui est à la fois bon et mauvais. Au début du livre, avant l’histoire, il y a beaucoup de choses : une carte du monde, une carte d’une sorte de bâtiment, et six pages d’illustrations de personnages, six exactement. (parfois je m’impressionne moi-même pour mes superbes déductions). Nina vous le dira, dans tout bon livre de fantasy, il y a une carte du monde. Pratique, puisque c’est un univers qui nous est inconnu et nous avons besoin de localiser où se passe l’histoire, etc… Donc pas de problème de ce côté là. (En plus la carte est jolie). Mais, on est submergé par le nombre d’informations. Le plan du bâtiment est important également, mais cela surcharge un peu le livre alors que l’on a même pas commencé la lecture. Comme si ce n’était pas suffisant, on rajoute par dessus des dessins (très beaux) des personnages, qui présentent des inconvénients et des avantages. C’est plutôt original, c’est sympathique à regarder, c’est joli mais cela gâche tout le côté imagination quant à l’apparence des héros. Bien sûr, les protagonistes (et les antagonistes !) sont décrits dans le livre, et c’est parfaitement normal, mais on a tous une apparence mentale plus ou moins différente même si on lit la même description. J’ai souvent discuté avec d’autres personnes d’un livre en commun, et on n’avait pas vraiment tous la même image du héros. Je reste donc perplexe face à ce choix de l’auteure.

– Je suis un homme d’affaires, lui avait-il expliqué. Ni plus, ni moins.
– T’es un voleur Kaz.
– N’est ce pas exactement ce que je viens de dire ?

On va commencer par les bons côtés. L’intrigue est plutôt originale et bien menée ; des phases d’actions entrecoupées de moments plus calmes, pour développer les personnages. Les descriptions sont au bon moment, ni trop longues, ni trop courtes. L’univers à l’air singulier, peut-être qu’en apprendre un peu plus sur lui serait pas mal. Des rebondissements, du suspense, aucun problème par ici. Beaucoup de moments où l’on retient son souffle, on hurle sur les personnages pour les prévenir (ce qui m’a valu quelques regards interloqués), on est pris par le livre, il nous embarque complètement dans son histoire.

Les personnages sont sympathiques à suivre, six personnalités, des visions, des buts, des histoires bien différentes. Nous avons une variété de personnages, bien décrits et définis, du plus détestable au plus charismatique. Les personnages secondaires sont un peu délaissés, mais on se contente bien des six protagonistes. Et surtout, un très bon point ; l’univers n’est pas manichéen. Le héros n’en n’est pas vraiment un. Criminel, voleur émérite, et boiteux. Fini le beau grand et courageux preux chevalier venu sauver le monde. Personne n’est sympathique et gentil dans ce monde, et c’est plutôt normal.

-Parfait. Si Pekka Rollins nous tue tous, je vais demander au fantôme de Wylan d’apprendre à mon fantôme à jouer de la flûte pour pouvoir taper sur les nerfs de ton fantôme.

* Petite transition bien placée * Même si les personnages sont bien écrits, que leur évolution bien que réduite (l’histoire doit prendre quelque chose comme un mois, peut-être un peu plus) j’émets quelques grognements quant aux relations. Ah les relations entre les personnages ! Quelle affaire. Outre la traditionnelle amitié et/ou amour entre les deux personnages principaux, ainsi que la colère (voire la haine) envers le « méchant » de l’histoire, les possibilités pour les romans (bien qu’ils soient principalement classé dans jeunesse) sont assez limitées. Et oui, aller décrire une relation et une évolution dans celle-ci en plus de développer les personnages et l’intrigue, et bien c’est pas facile. Il y en a qui y arrivent parfaitement (Red Rising coup de cœur des vacances encore une fois grâce à Nina), d’autres qui s’en sortent assez bien, comme le sujet de cette chronique, et d’autres qui se ratent (là je vous laisse choisir votre roman ennemi fétiche). Peut-être que certains qui traînent de temps en temps sur le blog, ont déjà lus quelques unes de mes chroniques (et je les remercie !), vous savez alors que j’ai en aversion les histoires d’amour, et que, comme par hasard, la plupart des romans que je lis en contiennent. Indispensables des bonnes histoires jeunesses bien clichées, vous en avez forcément croisées ; peut-être bien écrites (ce que je vous souhaite) ou pas (et c’est mon cas). Soyons honnêtes. Ce n’est pas vraiment les histoires d’amour qui décrivent une relation difficile, fusionnelle ou autres, mais les amourettes de lycées que vous avez forcément croisées une fois dans un livre. Des sentiments naïfs construits en deux minutes, le coup de foudre au premier regard suivi d’un interminable (c’est-à-dire les trois-quart du livre) moment où les deux se tournent autour et se lamentent ; « Il/Elle est trop bien pour moi, je suis qu’un petit vermisseau qui ne mérite pas d’amour » Vous savez très bien de quoi je parle. Pour en revenir à nos moutons, nous avons droit à deux histoires d’amour. Une au grand jour et une autre plutôt unilatérale. Et oui, même notre criminel de héros possède un petit cœur en chocolat et fond pour une des femmes du groupe (c’est l’histoire dans l’ombre pour ceux qui veulent savoir). Celle-ci encore ne prend pas trop de place, et est presque touchante. Même si l’envie de secouer notre amoureux pour qu’il lui déclare sa flamme et qu’on en finisse avec ses hésitations m’a souvent traversé l’esprit. En revanche, j’ai beaucoup plus de mal pour notre autre couple. Les deux tourtereaux possédant également un cœur (enfin deux, chacun ayant la garde d’un) ont une relation des plus étranges. Sans vous spoiler, la femme est ce qu’on pourrait appeler une sorcière, et l’autre un chasseur de sorcière. Un peu cliché me direz-vous ? Hé oui une histoire d’amour interdite entre deux camps qui sont opposés ça ne date pas d’hier ; mais on l’utilise encore aujourd’hui. Je peux vous dire que je redoutais les changements de point de vue (d’ailleurs bien menés pour ne perdre aucune miette de l’histoire) sur ces deux-là. L’homme est partagé entre tuer sa dulcinée et l’embrasser, et la femme… je sais pas trop ce qu’elle pense. Récupérer son bel ennemi peut-être ? Bref. C’est les sentiments bien trop troubles entre les deux qui m’ont dérangée ; je peux comprendre que notre chasseur de sorcières favori soit partagé entre son devoir et ses sentiments pour la femme qui l’a sauvé, mais avec ce que l’auteure nous dit, j’émets quelques doutes. C’est sûrement dû à ma répulsion pour les amourettes mais j’ai beaucoup de mal avec eux deux.

– Un jour, tu paieras, Brekker.
– Sûr, confirma Kaz. Si la justice existe dans ce bas monde. Mais on sait tous ce qu’il en est.

Deuxième point critiquable (mais c’est le cas de beaucoup de romans fantasy, jeunesse comme plus adulte) je me suis sentie un peu perdue au départ. L’auteure nous parle de guerres, de peuples, de pouvoir, de guildes, et leur nom ne sont pas toujours traduits. Et ils se ressemblent un peu. Mais c’est un problème commun à tous les livres évoluant dans un univers différent du nôtre.

En conclusion : ♥♥♥ Une histoire sympathique fluide et originale à lire, dans un univers particulier avec des personnages bien construits et des descriptions parfaitement placées, mais une histoire d’amour qui prend trop de place dans l’intrigue, le fait que l’on soit un peu perdu au début et peut-être un peu déçue que le monde dans lequel la joyeuse bande évolue ne soit pas un peu plus mis en avant.

Par Claire

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Une réflexion sur “Six of Crows par Leigh Bardugo

  1. Ce premier tome m’a vraiment convaincue surtout grâce à son univers bien détaillé selon moi et des personnages variés et sympathiques. Comme toi, j’ai eu parfois un peu plus de mal avec les deux amoureux/ennemis mais pour le reste, j’ai adoré. Kaz Brekker a été le personnage avec lequel j’ai accroché directement sans réussir à m’en défaire jusqu’à la fin de ce roman. J’ai vraiment hâte de pouvoir découvrir la suite et de retrouver les personnages.

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