Parlons saga : Le Paris des Merveilles par Pierre Pevel

Wonderland – Natalia Kills

Le Paris des Merveilles est une trilogie fantasy qui comprend Les enchantements d’Ambremer, L’Élixir d’Oubli et Le Royaume Immobile écrite par Pierre Pevel et rééditée aux éditions Bragelonne. Ils font environ 384 pages chacun.

Paris, au début du XXe siècle.

Les messieurs ont de fières moustaches, des chapeaux melons ; les dames portent des corsets, des jupons, des bottines à boutons. Déjà, de rutilants tacots pétardent parmi les fiacres le long des Grands Boulevards aux immeubles haussmanniens. Mais ce n’est pas le Paris de la Belle Époque tel que nous l’entendons : la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, les farfadets, le bois de Vincennes, des chats-ailés discutent philosophie et une ligne de métro permet de rejoindre le pays des fées.

Occupé à enquêter sur un trafic d’objets enchantés, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, se retrouve mêlé à une série de meurtres. Confronté à des gargouilles immortelles et à un puissant sorcier, Griffont n’a d’autre choix que de s’associer à Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien…

Bienvenue dans le Paris des Merveilles.

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Paris, début du xxe siècle.

Dans un Paris de la Belle Époque où se côtoient gnomes, dryades, chats-ailés et arbres enchantés, Louis Denizart Hippolyte Griffont, membre
reconnu d’un club de gentlemen magiciens, est sur une nouvelle affaire de meurtre. La victime est un antiquaire apparemment sans histoires, mais l’enquête du mage le conduit à un nom que beaucoup redoutent : Giacomo Nero. Cet ambitieux mage noir pourrait bien être mêlé à une intrigue trouvant ses origines à l’époque de la Régence. En ce temps-là, Griffont était le chevalier de Castelgriffe. Érudit désinvolte et mage libertin, il s’apprêtait à affronter une société secrète et, ce faisant, collaborait pour la première fois avec une certaine baronne de Saint-Gil. Cependant, révéler aujourd’hui les secrets du siècle passé pourrait bien éveiller un confit s’étendant jusqu’à l’OutreMonde…

Bienvenue dans le Paris des Merveilles.

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Paris, au début du XXe siècle.

La porte vers la capitale d’OutreMonde, Ambremer, amène bien des Merveilles au Paris du siècle passé : la tour Eiffel est bâtie d’un bois blanc qui chante à la Lune, sur les Champs-Élysées, le feuillage des arbres diffuse à la nuit une douce lumière mordorée, et les créatures féeriques vivent parmi les hommes.

Alors que tous ne songent qu’aux prochaines élections du Parlement des Fées, Griffont doit aider un ami soupçonné du meurtre d’un mage du Cercle Incarnat. De son côté, Isabel se trouve aux prises avec de dangereux anarchistes venus de l’OutreMonde et bien décidés à ensanglanter Paris pour se faire entendre. Mais bientôt Griffont et Isabel découvriront que ces deux affaires sont liées, et lèveront alors le voile sur un secret ancien susceptible d’ébranler le trône d’Ambremer.

Bienvenue dans le Paris des Merveilles.

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L’histoire prend place sur la Terre, (une uchronie encore merci à Sophie pour le mot) au l8ème siècle, où surnaturel côtoie la normalité. Les fées d’Outremonde auraient révélé leur présence aux hommes, amenant ainsi gnomes, dragons, elfes et autres créatures mystiques sur Terre. Deux remarques me viennent alors à l’esprit. La première concerne les descriptions. Paris, réaménagée pour l’occasion (possédant par exemple une Tour Eiffel composée de bois enchanté) est décrite par petites touches, au gré des voyages du héros (sans compter la préface qui nous introduit assez bien dans l’univers proposé). Même si quelques lieux sont reconnaissables (comme l’Île Saint Louis), il ne faut pas oublier que l’intrigue se déroule au 18ème siècle et que beaucoup de choses ont changé. J’englobe également les autres sites et univers parallèles comme le monde des rêves et l’Outremonde. En revanche, je trouve que ce côté Paris magique n’est pas assez exploité. C’est bien décrit, on commence à voyage avec le protagoniste, mais je trouve que l’on ne plonge pas assez. Peut-être un peu plus d’informations, notamment sur le monde des fées, ou quelques mots à propos d’autres pays (même s’il l’on parle vaguement de Saint-Pétersbourg). Deuxième remarque : les espèces utilisées. Beaucoup de livres utilisent déjà des fées ou des sorciers comme base, et même si l’auteur nous livre un monde incroyable, ayant sa propre histoire, j’aurais aimé que l’on trouve certains mythes que je ne rencontre jamais dans les livres. Et c’est tout pour les points un peu plus négatifs. Tout le reste est vraiment extraordinaire.

Nous suivons un magicien du cercle cyan, Louis Denizart Hippolyte Griffont, ainsi que de la baronne de Saint Gil, une enchanteresse (comprenez une fée restée trop longtemps sur Terre). Les trois livres ont chacun leur histoire, leur propre enquête policière (j’avoue avoir une petite préférence pour la première). Sur ce point absolument rien à dire ; on se fait berner, on subit retournements de situation, rebondissements et suspenses. Les enquêtes sont rondement menées, sans temps mort ni rythme lent. Tout est parfait, puisque l’univers n’est pas manichéen. Toutefois, l’intrigue générale, le fil rouge entre tous les livres, ressemble beaucoup à d’autres (nombreuses) séries ; quelqu’un à le trône, et sa sœur aînée souhaite le récupérer. Ne souhaitant rien spoiler, je ne dirais rien de plus. Je me permets toute de même de critiquer un peu la fin de la grande « méchante » que je trouve… assez anodine. J’aurais imaginé une dernière action grandiose, un duel incroyable, voire même la mort d’un des deux héros. (ne vous inquiétez pas, il y a vraiment un duel).

 « C’est fou le nombre de problèmes que l’humanité peut s’inventer au nom de principes imbéciles. Comme si la vie n’avait pas assez d’imagination… »

Les personnages sont également bien écrits, sans grande évolution mais étonnamment, cela ne gêne pas le récit (même si on peut s’apercevoir d’un changement quand l’auteur nous fait un retour en arrière à l’époque ou la baronne et Griffont ne se connaissaient pas encore). De ce côté-ci, j’ai particulièrement aimé Azincourt et ses petites remarques ainsi que notre magicien. Charismatique, posé et réfléchi, ayant néanmoins un côté plus réactif quand le besoin s’en fait sentir, il n’est pas exempt de défauts. Concernant la baronne, je suis un peu plus mitigée ; son caractère un peu plus explosif et rentre-dedans en font une femme forte mais parfois détestable. Néanmoins, c’est une femme indépendante et aventureuse, ne reculant devant rien pour obtenir la vérité (ou tout autre objet désiré). Les personnages secondaires sont nombreux, et puisque la plupart sont nommés par leurs noms de famille, il est parfois difficile à se souvenir de qui est qui ; mais une fois lancé, on ne s’arrête plus, car l’auteur nous rappelle à chaque fois par une ou deux phrases qui est à peu près le personnage. Les deux gardes du corps de la baronne sont également intéressants et touchants par certains moments.

Et voilà ; on arrive aux relations entre les différents protagonistes et antagonistes de l’histoire. Et tout le monde sait que, quand les deux héros sont un homme et une femme, on peut s’attendre à une histoire d’amour. Et vous avez raison. Nos deux charmants « jeunes » gens entretiennent bien une relation. Mais pour une fois, je n’ai pas matière à me plaindre. Aucun sentiment mièvre, niais et rien pour ralentir l’histoire. Au contraire, on se rend compte d’une tendresse et d’une complicité attendrissante (et il m’en faut beaucoup pour que j’arrête de protester contre les histoires d’amour complètement inutiles qui ralentissent toute l’intrigue). Mettant ça de côté, tous les sentiments sont bien représentés, écrits avec un certain style bien sympathique à lire. Je ne peux que regretter que la psychologie de la Reine Noire (la grande « méchante » c’est elle) ne soit pas un peu plus mise en avant.

« Les bibliothèques sont des rêves.
Rêves de ceux qui les ont voulues et bâties. Rêves de ceux qui les fréquentent et les aiment. Rêves enchâssés en des milliers et des milliers de pages préservées. Rêves puisés à la source des désirs et des sciences, des imaginations fertiles, des ambitions, des lectures patientes, des nuits passées dans le secret des livres. »

En conclusion : ♥♥♥♥ Une série facile et sympathique à lire, qui enchaîne les enquêtes policières avec brio, se jouant du lecteur. Des personnages agréables à suivre, et dont les relations, bien que donnant quelques moments où souffler, n’entravent jamais le récit. Je le conseille à tous les amoureux de fantasy et de livre bien écrits. (Pierre Pevel à également écrit Les lames du Cardinal et Haut-Royaume dont certaines connaissances m’ont dit le plus grand bien)

Par Claire


6 réflexions sur “Parlons saga : Le Paris des Merveilles par Pierre Pevel

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