Parlons saga : Chronique du tueur de roi par Patrick Rothfuss

Daft Punk – Pentatonix

Couverture Chronique du tueur de roi, tome 1 : Le nom du ventCouverture Chronique du tueur de roi, tome 2 : La peur du sage, partie 1Couverture Chronique du tueur du roi, tome 2 : La peur du sage, partie 2

Chronique du tueur de roi est une série fantasy de 3 tomes écrite par Patrick Rothfuss et publiée aux éditions Bragelonne. Les livres comportent respectivement 800, 576 et 624 pages.

***

J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi des pistes au clair de lune que personne n’oserait même évoquer. J’ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. J’y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent.
Mon nom est Kvothe
Vous avez dû entendre parler de moi.

***

Cette série est une des nombreuses pour lesquelles je traîne un peu avant d’ouvrir le premier tome ; il faut dire que lire plus de 800 pages pour un énième roman de fantasy sur le parcours initiatique d’un jeune orphelin (et oui encore un) me semblait tout ce qu’il y a de plus banal. Et après avoir lu les trois tomes, ce qui m’a occupée une partie de l’été, je me sens un peu hésitante sur mon avis final.

Comme je le disais, nous suivons Kvothe, à deux moments différents de sa vie ; quand il est « enfant » et plus tard dans sa vie d’adulte, alors qu’il tient une auberge dans un petit village perdu au fin fond des campagnes. Le livre commence d’ailleurs par cette phase, avant que le magicien nous raconte lui même son histoire, par l’intermédiaire d’un scripte itinérant. Ainsi, nous découvrons la destinée de Kovthe en même temps que l’écrivain, et donc son récit est ponctué de pauses ; cela amène un inconvénient et un avantage. Le problème, c’est qu’on est coupé du récit à maintes reprises, et c’est pas forcément génial que, d’un coup, on vous prend de l’action et on vous place dans cette auberge où il ne se passe rien. Je me suis plusieurs fois énervée contre ce procédé, mais, en même temps, cela permet d’éclaircir certains points grâce aux questions posées par le scripte, et de faire une pause -justement- afin de rendre le suspense plus intense.

« Le pouvoir en soi, ce n’est pas mal, et la bêtise est en général inoffensive. C’est le pouvoir et la bêtise conjugués qui sont dangereux. »

Comme annoncé dans l’introduction, nous suivons un jeune orphelin après la mort de ses parents, tués par les Chandrians. Afin de se venger, notre jeune héros, qui a déjà appris les bases de sympathisme (la magie de ce monde) part vers l’université pour trouver des renseignements sur les assassins de toute sa troupe, les Edma’Ruh, des saltimbanques itinérants qui vivent de spectacle de chant, de danse, et de théâtre. Mais ce n’est qu’un jeune garçon et l’université est encore loin ; il passe quelques temps dans une cité, dans la rue, et ce passage est vraiment touchant par moment. Le combat de notre jeune héros pour survivre dans cette jungle urbaine est douloureux, mais il finit par réussir et se sortir de là. Les personnages que l’on croise au fur et à mesure des lignes ont tous des caractères bien différents, et le tout s’emmêle pour ne former qu’un ensemble de personnages qui ont l’air bien réels ; mais si j’ai du mal à supporter le caractère de Kvothe (manque de chance, c’est le protagoniste de la série) ainsi que de Denna. (retenez bien ce nom, j’en parlerai plus tard)

Une fois arrivé à l’université, comme tout bon héros de fantasy, il faut un rival pour notre jeune héros. Mais en temps qu’orphelin, protagoniste, musicien et magicien très doué, il lui faut un grand rival ; il choisi donc la 12ème personne pour prétendre au trône. Et là, une excuse magique apparaît ; si jamais le héros à des problèmes, c’est à cause de notre rival. C’est quelque chose que je ne supporte pas ; une excuse toute prête pour mettre le protagoniste dans le pétrin. Mais je ne vais pas non plus trop m’étendre là dessus, Ambroise (c’est le nom du rival) a tout l’air d’être un imbécile juste trop gâté et riche.

« Il y a deux façons de perdre un ami à coup sûr. Il suffit de lui emprunter de l’argent ou de lui en prêter. »

Je ne vais pas non plus trop m ‘étendre sur le reste du scénario ; il est long et part un peu dans tout les sens ; en plus de l’université, Kvothe enquête sur les Chandrians, et donc se met dans des situations pas possibles tout le temps. On a également droit à un passage chez le roi, dans une tribu dite de guerriers (vous savez cette fameuse tribu que le héros rencontre forcément et dont il apprend les enseignements toujours assez spéciaux) et un passage dans la maison d’une fae, avec qui il entretient une relation. (je rappelle que le jeune homme a 19 ans lors du tome 3). Mais malgré ce scénario un peu explosif, on suit tout de même un fil rouge, par vraiment visible, et ça nous fait voyager dans les différentes régions du monde, je ne peux pas tout vous résumer, cela prendrai beaucoup trop de temps. Je vais donc juste dire les points positifs et négatifs de ce livre.

L’écriture de l’auteur est fluide, très belle et on sent beaucoup de poésie dans les trois lignes, à l’image des discussions entre Kvothe et une jeune fille vivant sous l’université ; ceux sont de très paroles et vraiment bien écrites. De manière général, l’auteur joue assez bien sur le comique, dramatique, et avec le suspense. On ne s’ennuie pas trop, même si par moment on peut trouver e passage un peu long.

Le monde est riche, et même si on ne le détaille pas vraiment, on sent tout un univers original derrière la carte et les descriptions de l’auteur.

Le scénario, bien qu’un peu volatile, nous fait visiter et rencontrer beaucoup de personnages et de régions, ce qui renforce le côté « monde » du livre.

Certains personnages sont vraiment attachants et ils sont bien diversifiés au niveaux des comportements, caractères, histoires… Et c’est toujours un plus dans un livre. Comme par exemple les parents de Kvothe, que j’ai trouvé très touchants, ou bien Auri, la fille qui vit sous l’université.

« Si c’est un valet, annonce un valet. Si c’est un pique, annonce un pique. Mais pour une putain, tu dois toujours dire une « dame ». Leur vie est déjà assez pénible, et la politesse n’a jamais tué personne »

Le fonctionnement du sympathisme est parfois compliqué à comprendre, comme quand on retrouve un personnage longtemps oublié et qu’on doit se rappeler de son nom et de son histoire.

Les multiples problèmes d’argents du héros, bien qu’importantes pour l’histoire, sont pour moi trop récurrentes et mises en avant ; on a l’impression que s’il avait de l’argent il réglerai tous ses problèmes d’un seul coup.

Une relation et un personnage m’ont grandement déplue ; Denna et sa relation je t’aime moi non plus, finalement tu es mon ami, mais tu peux quand même m’offrir des cadeaux… J’ai détesté ce personnage par son caractère volatile (elle disparaît des jours, le héros s’angoisse et elle revient comme une fleur pour lui faire les yeux doux puis repart sans laisser aucune nouvelle) que par son utilité. 0. Cette fille n’a aucune utilité à part faire croire au héros qu’il peut avoir une histoire d’amour avec elle, et pour qu’il ai une personne à protéger quand même, vu qu’il n’a plus de famille. Il pense tout le temps à elle et un moment, cela devient lourd.

« Demander à prendre en main l’instrument d’un musicien, c’est un peu comme demander à un homme la permission d’embrasser sa femme. »

Un tout petit mot sur la suite de la saga ; et oui elle n’est pas sensée se finir comme ça, (une fin bien horrible d’ailleurs) mais il y a un quatrième tome sur la vie d’Auri, la jeune fille un peu étrange que Kovthe rencontre à l’université. Il y a également une suite télévisé prévue, et j’ai été déçue d’apprendre que l’auteur n’entamait pas le dernier livre qui clôt la série. Et oui, on n’a aucune réponse sur les Chandrians, sur le pourquoi du comment Kovthe s’est retrouvé dans cette auberge, pourquoi on parle de tueur de roi…

***

♥♥♥ En conclusion, une série à l’écriture à la fois grave et légère, poétique et comique, dans un monde complet et intéressant, desservi par des personnages globalement sympathique et une originalité bien visible sur ce point. Mais on reste dans la quête initiatique du jeune héros stéréotypé et annoncé comme le grand élu qui doit sauver le monde, avec un rival et une jeune femme je t’aime moi non plus finalement tu es mon ami.

Par Claire


3 réflexions sur “Parlons saga : Chronique du tueur de roi par Patrick Rothfuss

    1. Enfin des bonnes nouvelles ! Car nous laisser comme ça avec cette fin qui ne révèle absolument rien sur le but du héros c’était un peu méchant… J’ai un peu peur car cela veut dire que tout doit être dévoilé dans le tome 3 et donc que le livre sera un peu « bourratif » en terme de révélation.

      Aimé par 1 personne

On en discute ? ;)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s