Premières Lignes #1

Cela faisait un moment déjà que j’hésitais à prendre un rendez-vous et surtout sur lequel arrêter mon choix ! Finalement, j’ai choisi Premières Lignes, que j’ai vu pas mal passé sur la blogosphère, et qui consiste à vous faire partager le premier chapitre d’une de nos lectures ! Petite différence, ce rendez-vous sera pour moi mensuel et non hebdomadaire.
Pour l’inauguration de ce rendez-vous, j’ai choisi de partager avec vous le premier chapitre du premier tome d’Humaine de Rebecca Maizel qui m’a énormément touchée quand je l’ai relu après avoir fini le livre. En espérant qu’il vous plaira et vous donnera envie de lire le livre.

***

Couverture Humaine, tome 1

Je te libère…
Je te libère, Lenah Beaudonte.
Garde espoir… et sois libre.

C’était les derniers mots dont je me souvenais. Mais ils étaient informe, prononcés par une voix que je ne reconnaissais pas. Cela aurait pu se dérouler une éternité plus tôt.

A mon réveil, je sentis immédiatement une surface froide sous ma joue gauche. Un frisson glacé courut le long de mon échine. Même les yeux fermés, je savais que j’étais nue étendue à plat ventre sur un parquet.
J’ai pris une inspiration, mais ma gorge était si sèche que j’émis un son bestial, impossible. Trois respirations laborieuses, puis un « poum-poum, poum-poum » : un battement de cœur. Mon cœur ? Ou dix mille ailes d’oiseau, aussi bien. Je voulus soulever mes paupières, mais à chaque tentative j’étais éblouie par une lumière aveuglante. Une autre. Et encore une. Chaque fois, ce rayon implacable.
Je hurlai.

– Rhode!
Il était forcément là. Un monde sans Rhode, cela n’existait pas.

Je me tortillais par terre par terre en m’efforçant de couvrir mon corps avec mes mains. Comprenez bien que je ne suis pas du genre à me retrouver ainsi toute nue, surtout si le soleil vient frapper ma peau. Et pourtant j’étais bien là, baignée de lumière jaune, à attendre une mort imminente, douloureuse et flamboyante – c’était inéluctable. D’un instant à l’autre, les flammes surgiraient des tréfonds de mon âme pour me transformer en poussière.

Sauf qu’il ne se passa rien. Pas de flammes, pas de destruction. Rien que la senteur boisée du plancher. Je déglutis, et les muscles de ma gorge se contractèrent. Ma bouche était humide … de salive ! J’étais allongée, poitrine contre sol. J’appuyai sur mes paumes et tournai la tête vers la source de mon tourment. Un soleil radieux entrait à flots dans la chambre par une vaste baie vitrée. Le ciel était bleu saphir, sans un nuage.

– Rhode ! Où es-tu ?

Ma voix me fit l’effet de tourbillonner en l’air, vibrante au sortir de ma bouche. Comme j’avais soif !

Quelque part non loin de moi, une porte s’ouvrit et se referma. J’entendis des pas mal assurés, un mouvement irrégulier, puis les bottes noires à boucles de Rhode entrèrent dans mon champs de vision. Je roulai alors sur le dos et ne vis plus que le plafond. Je hoquetai. Mon Dieu … Je respirais ?

Rhode me dominait de sa hauteur, mais il était flou. Il se pencha vers moi, jusqu’à ce que ses traits embrumés ne soient plus qu’à quelques centimètres de mon visage. Cette fois, ses contours se précisèrent, comme s’ils sortaient du brouillard. Il était méconnaissable. La peau était si tendue sur ses pommettes que les os semblaient tout près de la crever. Son menton, d’habitude large et fier, n’était plus qu’une pointe étroite. Mais le bleu de ses yeux … ce bleu, au moins, n’avait pas changé. Même dans la confusion de l’instant, il me transperçait jusqu’à l’âme.

– Quelle bonne surprise.

Malgré les cernes noirs qui marquaient ses paupières, une étincelle, venue de plus profond de lui, me retournait mon regard.

– Joyeux anniversaire, ajouta-t-il en me tendant la main, Seize ans !

***

Par Sophie.


On en discute ? ;)

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