1984 par Goerge Orwell

Muse – United state of Eurasia

1984 est un roman de science-fiction écrit par George Orwell et publié en 1950 aux éditions Gallimard. Il comporte 448 pages.

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face. 
BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. 
Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.

 

***

Ma mère m’a donné ce livre il y a longtemps déjà, mais je n’osais pas le commencer. C’est lorsque ma prof de philo nous en a parlé que j’ai eu envie de le découvrir et même si j’ai passé plusieurs semaines dessus, je suis ressortie très contente de ma lecture.

Nous sommes dans un monde séparé en trois grandes puissances : l’Eurasia, l’Estasia et l’Océania. C’est dans ce dernier territoire que vit Winston, notre protagoniste. Dans ce territoire constamment en guerre et dirigé par le parti, la société est divisée en quatre grandes classes : les membres du parti intérieur, ceux du parti extérieur, les prolétaires et les autres. La société entière est sous le contrôle de la police de la pensée qui scrute les moindre faits et gestes et n’hésite pas à arrêter ceux qui ne filent pas droit. Par ailleurs, le langage est simplifié, le passé réécrit…

J’ai énormément aimé le côté immersif de l’univers d’Orwell. Il prend une grosse première partie pour installer la société dans laquelle évoluent ses personnages puisque le lecteur doit s’y familiariser : nouvelle langue, nouveau mode de vie, nouvelles professions, ministères, politique… Tout est différent de ce que l’on connaît actuellement. Nous faisons aussi « connaissance » avec Big Brother, personnification du Parti puisqu’il n’est pas une entité physique. Tout tourne autour de lui, et maintenant que ma lecture est finie je comprends toutes les allusions faites au roman.

Ils ne se révolteront que lorsqu’ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés

Le livre a été publié en 1949, en pleine guerre Froide, alors que les tensions entre les Etats Unis et l’URSS s’affirmaient. On le sent d’ailleurs puisque l’Angsoc rappelle ce qu’il s’est passé en URSS avec le parti unique, une société très militarisée, des quotas de production, une liberté de la presse restreinte, le culte du chef etc… On y sent aussi des références à d’autres régimes fascistes comme le nazisme par exemple.

Pour ma part, c’est autour de la question du langage que j’ai débuté ce livre, et j’ai trouvé cela très intéressant. En fait, le novlangue est une simplification (plus qu’une modification) du langage et ceux dans le but de manipuler les populations. De nombreux mots sont supprimés notamment lorsque ce sont des nuances ou des superlatifs. Le langage va perdre de sa précision. Ce qui m’a surprise, c’est que le parti a également changé jusqu’au nom des ministères, et pour bien manipuler tout le monde, ils vont porter des noms contraires à ce qu’ils sont réellement (par exemple le Ministre de l’Abondance qui va en réalité organiser la famine). Comme ça on a vraiment cette impression que le parti vous veut du bien, or c’est tout le contraire.

Par ailleurs, le parti change également le passé en fonction du présent. Par exemple les membres (dont Winston) sont chargés de modifier les journaux du passé avec ce qu’il se passe dans le présent. Par exemple si Big Brother a déclaré dans un discours de 1982 qu’il y aurait une augmentation des rations alimentaires en 1984 et que finalement durant ladite année on se rend compte qu’elles ont diminué, cet élément sera tout bonnement effacé. Mais cela se fait à plus grande échelle avec des évènements historiques…

Jour par jour, et presque minute par minute, le passé était mis à jour.

En fait je me rends compte que je pourrais parler de toute la société en elle-même pendant des heures, mais je n’ai pas forcément envie de vous endormir. Donc passons aux personnages !

Winston est un personnage que j’ai aimé suivre, même s’il m’a parfois semblé trop peu pugnace. Son cheminement de pensée m’a intéressée, et lorsqu’il rédige son journal on sent à quel point il est conditionné malgré lui. C’est assez impressionnant. A travers ses yeux on sent qu’il ne faut se fier à personne car on peut se retrouver dans les geôles de la police de la pensée sans avoir le temps de dire ouf. Lorsqu’il rencontre Julia, on voit l’évolution de son animosité pour elle, lors des semaines de la haine, lorsqu’il est suivi… Cette femme au départ est assez énigmatique, on ne sait jamais réellement ce qu’elle pense et cela m’a assez déroutée. Le « personnage » de Big Brother m’a fait ni chaud ni froid, j’ai été plus impressionnée par les rouages de la société et tout ce qui lui tourne autour que son « personnage » en soit.

Cependant, j’ai quand même relevé quelques longueurs mais juste avant qu’une multitude d’éléments s’enchaînent donc, finalement cela compense bien. La fin m’a beaucoup surprise, même si, au fur et à mesure on parvient à la deviner.
L’appendice final sur le Novlangue était très très intéressant, je vous conseille de le lire une fois votre lecture terminée pour comprendre toutes les subtilités de votre lecture.

En conclusion : ♥♥♥♥ 1984 est un roman incroyablement bien fait que je vous conseille de lire. A l’origine de multiples adaptations (comme Running Man pour ne citer qu’elle), on se rend compte à quel point cela reste un roman d’actualité aujourd’hui, glaçant et qui fait réfléchir. Malgré quelques longueur sur la troisième partie, je vous conseille très très fortement ce livre, qui est selon moi un gros classique du genre.

https://malecturotheque.files.wordpress.com/2017/11/cli6a-lc3a9chiquierdumal_dansimmons.png?w=300&h=300

Par Nina.


3 réflexions sur “1984 par Goerge Orwell

  1. En définitive, quel que soit le temps de sa narration (une nouvelle traduction utilisant le présent vient d’être publiée), « 1984 » reste une des meilleures dystopies jamais publiées, un récit glaçant car tout un chacun sait qu’il ne faudrait pas grand-chose pour que le monde qui y est décrit devienne réalité…

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