Premières Lignes #2

Alors ce deuxième rendez-vous créé par Malecturotheque, j’ai choisi de vous présenter le premier chapitre du premier tome de la série Meg Corbyn dont le tome 5 est sorti récemment en grand format ! Pour les petites informations, cette série d’Anne Bishop (plus connue peut-être pour la Trilogie des Joyaux Noirs …) est publiée chez Milady et est un petit ovni très très bien dans l’univers de la bit lit avec un univers très original, une romance peu voire pas présente et des personnages atypiques du genre surtout pour le caractère de l’héroïne ! Je la recommande chaudement !

Couverture Meg Corbyn, tome 1 : Lettres écarlates

***

Brève histoire du monde.

Il y a de cela très longtemps, Namid donna naissance à de nombreuses formes de vie, parmi lesquelles les créatures appelées humains. Elle leur transmit une part de sa fertilité et leur donna de l’eau de qualité. Comprenant leur nature et la nature des autres êtres qu’elle avait créés, elle les isola de manière à leur laisser une chance de survivre et de prospérer. Ce qu’ils firent.

Ils apprirent à faire du feu et à construire des abris. Ils apprirent à cultiver la terre et à fonder des cités. Ils fabriquèrent des bateaux et pêchèrent dans la mer Méditerranée et la mer Noire. Ils se multiplièrent dans les parties du monde qu’ils occupaient et s’étendirent bientôt jusqu’en lisière des espaces sauvages. C’est alors qu’ils découvrirent que les autres créatures de Namid s’étaient déjà approprié le reste du monde.

Les Autres regardèrent les humains et ne virent pas des conquérants. Ils virent une viande d’un genre nouveau.

La possession des espaces sauvages donna lieu à des guerres. Les humains en sortaient parfois victorieux et colonisaient de nouvelles terres. Le plus souvent, des pans entiers de la civilisation disparaissaient, laissant quelques survivants craintifs qui réprimaient des frissons quand un hurlement déchirait la nuit ou qu’un homme, après s’être aventuré trop loin de la sécurité des portes massives et de la lumière, était retrouvé au matin, vidé de son sang.

Plusieurs siècles s’écoulèrent, et les humains construisirent de plus grands navires, avec lesquels ils traversèrent l’océan Atlantik. Lorsqu’ils rencontrèrent la terre vierge, ils établirent un campement sur le rivage. Ils ne tardèrent pas à découvrir que ce territoire-là aussi était déjà habité par les terra indigene, les indigènes. Les Autres.

Les terra indigene qui régnaient sur le continent dénommé Thaisia devinrent fous de rage quand les humains se mirent à abattre des arbres pour ensemencer des terres qui ne leur appartenaient pas. Alors, les Autres dévorèrent les colons et goûtèrent la saveur de cette viande particulière, tout comme ils l’avaient fait maintes fois par le passé.

La deuxième vague d’explorateurs trouva le campement abandonné et, une fois de plus, tenta de s’accaparer le territoire.

Les Autres les mangèrent, eux aussi.

La troisième vague fut menée par un homme plus intelligent que ses prédécesseurs. Il offrit aux Autres des couvertures chaudes, de l’étoffe destinée à la fabrication de vêtements ainsi que d’intéressants objets brillants, en échange de quoi il demanda l’autorisation de s’établir dans l’ancienne colonie et de disposer d’une surface de terres suffisante pour produire de la nourriture. Les Autres, trouvant le marché équitable, quittèrent le territoire octroyé aux humains. D’autres présents furent échangés pour négocier des droits de chasse et de pêche. Cet accord satisfaisait les deux parties, même si les uns toléraient leurs nouveaux voisins en étouffant des grondements pendant que les autres, dissimulant leur peur, faisaient en sorte de retrouver la sécurité des murs de la colonie avant le crépuscule.

Les années passèrent et de nouveaux explorateurs arrivèrent. Nombre d’entre eux moururent, mais il en resta assez pour que les humains prospèrent. Les colonies se transformèrent en villages, qui grossirent pour former des villes de plus en plus grandes. Peu à peu, les humains gagnèrent l’intérieur du continent et s’étendirent jusqu’aux confins du territoire qu’ils avaient l’autorisation d’occuper.

Les siècles passèrent. Les humains étaient intelligents. Les Autres aussi. Les humains inventèrent l’électricité et les réseaux hydrauliques. Les Autres prirent le contrôle de toutes les rivières susceptibles d’alimenter les centrales et de tous les lacs représentant une réserve d’eau potable. Les humains inventèrent le moteur à combustion et le chauffage central. Les Autres prirent le contrôle de tous les carburants nécessaires aux machines et aux systèmes de chauffage. Les humains inventèrent et manufacturèrent des produits. Les Autres prirent le contrôle de toutes les ressources naturelles, déterminant ce qui pourrait et ne pourrait pas être fabriqué sur leur territoire.

Il y eut des conflits, bien sûr, et certains endroits se muèrent en de sinistres lieux de mémoire en l’honneur des morts. Les défaites successives firent comprendre au gouvernement humain que les terra indigene dominaient Thaisia, et qu’il ne faudrait rien de moins que l’Apocalypse pour changer cet état de fait.

Arrive l’époque présente. De petits villages humains subsistent au milieu de vastes territoires appartenant aux Autres. Et dans les villes humaines importantes, des parcs fermés appelés Enclos sont occupés par des terra indigene qui ont pour tâche de surveiller les résidents de la cité et faire respecter les accords conclus entre les humains et les Autres.

Il existe toujours une fragile tolérance prédatrice d’un côté, la crainte de ce qui rôde dans le noir de l’autre. Mais les humains, s’ils font preuve de prudence, survivent.

Parfois, ils survivent.

•••

À demi aveuglée par le vent cinglant, elle s’engouffra en titubant dans une allée séparant deux bâtiments. Autant dans l’espoir d’échapper à celui ou ceux qui la pourchassaient que pour s’abriter des bourrasques et de la neige, elle longea un mur formant un angle et se baissa aussitôt qu’elle eut franchi le coin. Ses chaussettes et ses tennis étaient trempées, et elle avait si froid aux pieds qu’elle ne les sentait plus. Elle savait qu’elle ne portait pas une tenue appropriée, qu’il était imprudent de sortir ainsi, mais elle avait fui dès qu’elle en avait eu l’occasion, avec les premiers vêtements qu’elle avait pu dénicher.

Elle n’entendait aucun bruit de pas confirmant qu’elle avait été suivie, mais cela ne voulait rien dire. L’épaisseur du mur étouffait même la rumeur des véhicules qui roulaient au ralenti sur la route.

Elle devait trouver un refuge. Il faisait trop mauvais pour passer la nuit dehors. Durant sa formation, on lui avait montré des photos de gens morts de froid, aussi savait-elle qu’elle ne devait pas s’attarder là. Cependant, c’était dans les centres publics accueillant les sans-abri que ceux qui la traquaient la chercheraient en premier.

Allait-elle mourir ce soir-là ? S’agissait-il de la tempête qui annonçait la fin ? Non. Elle se refusait à envisager cette possibilité. Elle n’avait pas fait tout cela et parcouru tout ce chemin pour que tout se termine avant même d’avoir commencé. D’ailleurs, elle n’avait encore vu aucun autre élément de la prophétie. Elle n’avait pas rencontré l’homme aux cheveux noirs vêtu d’un pull vert. Tant qu’elle ne le croisait pas, elle n’avait pas à craindre de mourir.

Ce qui ne devait pas l’empêcher de se montrer prudente.

Le bâtiment au bout de l’allée attira son attention ; il constituait l’unique source de lumière dans les environs. Après avoir jeté un coup d’oeil derrière l’angle du mur pour s’assurer qu’elle était bien seule, elle courut vers la bâtisse. Peut-être parviendrait-elle à trouver un prétexte pour rester à l’intérieur quelques minutes, juste assez longtemps pour se réchauffer un peu les pieds.

Mais l’éclairage, qui lui avait paru si vif et prometteur l’instant d’avant, s’avéra provenir d’une simple veilleuse. Le bâtiment était fermé. La relative clarté lui permit toutefois de déchiffrer l’inscription au-dessus de la porte en verre ; une inscription qui l’aurait glacée plus que le vent et la neige si elle n’avait pas éprouvé un tel désespoir.

ENCLOS DE LAKESIDE. N.A.L.H.

« Non Assujetti aux Lois Humaines. » Elle avait pénétré en territoire terra indigene. Si les hommes ne pouvaient plus l’atteindre, elle se trouvait désormais à la merci de créatures qui n’avaient d’humain que l’aspect. Même quelqu’un ayant vécu une existence recluse savait ce qui arrivait à ceux qui faisaient preuve d’imprudence à proximité des Autres.

Une pancarte était affichée de l’autre côté de la porte. Elle la contempla un long moment en dépit de ses pieds engourdis par le froid et des températures glaciales.

Poste à pourvoir : Agent de liaison humain
Se présenter à la librairie Aux Bouquins Hurlants (après le croisement)

Un travail. Un moyen de gagner de l’argent pour se nourrir et se loger. Un endroit où elle aurait la possibilité de se cacher pour un temps. Où les chasseurs, même s’ils la retrouvaient, ne pourraient pas s’emparer d’elle, car les lois humaines ne s’y appliquaient pas.

Aux Bouquins Hurlants. Voilà qui ressemblait bien au nom d’un magasin tenu par les Autres.

Elle risquait la mort. La plupart de ceux qui frayaient avec les terra indigene périssaient, d’une manière ou d’une autre. Mais d’après ce que lui avait montré la prophétie, elle allait mourir de toute façon, alors, pour une fois dans son existence, ce qui lui arriverait dépendrait de sa décision à elle.

***

J’espère que cela vous aura donné envie de lire le livre ! Je ferais sans doute une chronique un jour lorsque j’aurais fini toute la série !

Par Sophie.

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4 réflexions sur “Premières Lignes #2

  1. Salut Sophie ! Comme tu reprends mon RDV, ce serait sympa de mentionner mon blog 😉
    J’ai déjà entendu parler de ce livre, je ne savais pas que c’était en 5 tomes. Je serai curieuse de lire ton avis concernant ce livre (et concernant la série aussi, car un premier tome peut être génial et la suite s’effondrer) ^^

    Aimé par 1 personne

    1. Ah désolé ! 😅 Je vais corriger ça ! Je l’ai vu passer un peu partout sur la blogosphère donc impossible de savoir qui l’avait lancé le premier ! 😅
      J’attends la sortie poche du dernier tome pour le dévorer (et donc faire une chronique) mais c’est vraiment une série atypique et génial ! 👍

      J'aime

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