Black Lily par Virginie D.Jarrier

Alice Merton – No roots

Black Lily par Virginie D. JARRIERBlack Lily est un roman bit-lit écrit par Virginie D. Jarrier et publié en auto édition en janvier 2018. Il comporte 253 pages.

Amélia est une jeune anglaise de 18 ans, sûre d’elle et avec un sens de l’humour décapant. Rien de bien original en soi. Sauf qu’elle a 18 ans depuis longtemps. Depuis près de 450 ans. Vampire solitaire, elle n’accorde sa confiance qu’à sa s?ur de meute, Lily, un énorme chien noir. Elle mène sa non-vie comme elle l’entend, indépendante et sans attaches. Son temps libre est consacré à sa passion pour les lys noirs. Amélia aurait pu continuer son existence ainsi de nombreux siècles encore. Mais c’était sans compter l’arrivée accidentelle d’une étrange petite fille qui va non seulement bousculer ses habitudes, ses liens avec les autres, mais également sa vie toute entière. Et lui attirer pas mal d’ennuis au passage…

***

Me revoilà ! Après des mois d’inactivité flagrante, d’articles en retard et de petites piques de la part de la direction, je vous propose une petite critique de Black Lily, un livre pas si dark que ça…

« Le sang, c’est la vie. Le sang, c’est MA vie. Et le sang, c’est la chasse. Rien n’est comparable à l’excitation suscitée par la chasse »

Nous suivons les aventures d’une « jeune » vampire de 450 ans dans sa non-vie. De ses chasses solitaires aux créatures vengeresses qui tentent de l’assassiner, la non-vie d’Amélia est bien remplie. L’histoire se constitue plusieurs petites intrigues ; la première étant la chasse qu’elle mène pour se nourrir, poursuivant un jeune interne de l’hôpital afin de boire la totalité de son sang. Rien de bien incroyable, et cette entrée en matière nous permet bien plus de nous familiariser avec notre héroïne au caractère assez effacé. En effet, je n’ai trouvé aucun trait de personnalité particulièrement marqué, et c’est à peine si elle est cohérente tout au long du livre. D’une créature assoiffée de sang et prête à tuer pour se nourrir, elle dévient une mère poule pour une jeune humaine et une amie sincère pour un humain qu’elle méprisait trois pages avant. Bref, lors des intrigues suivantes, on apprend son passé et sa transformation en vampire, rien de bien original. Puis sa rencontre avec Eléonore, une jeune humaine qu’elle prend sous son aile, en tuant une autre vampire appelé Terreur Nocturne, qui avait juré de se venger d’Amélia, car elle a tué leur créateur. Résumé comme cela, ça ne fait pas vraiment envie… En vérité Amélia s’attire tellement d’ennemis et de problèmes que cela en est presque comique. Entre Terreur Nocturne qu’elle terrasse grâce au pouvoir de l’amour et Moïra qu’elle ne tue même pas (bah oui il faudrait pas qu’elle tue la grande méchante elle-même dis donc !) puisque c’est un elfe garde du corps qui s’en charge, Amélia ne nous démontre pas vraiment sa puissance, qu’elle nous dit pourtant bien contrôler…

Je dis souvent que je déteste les histoires d’amour dans les romans car bien souvent elles sont inutiles, naïves et ralentissent inutilement l’intrigue. Et bien je déteste autant les victoires grâce a la puissance de l’amour. Mais oui, vous savez, quand le héros est à terre, sans arme, déjà à moitié mort, mais qu’il réussit à se lever et à frapper et à tuer le grand méchant qui faisait son monologue inutile et riait comme le grand méchant qu’il est. Le parfait exemple est sûrement le dernier épisode d’un animé, (Soul Eater pour les curieux) où les héros ont épuisés toutes leurs ressources, où des révélations incroyables ont été faites, où les protagonistes réussissent enfin leur super attaque, mais que l’antagoniste est encore bien fringuant. Et là, la seule chose que l’héroïne trouve à faire, c’est de le frapper avec son petit poing en lui hurlant que l’amitié était plus forte que tout. Et réussit à le tuer. C’est un cas extrême, mais c’est exactement ce que j’ai ressenti quand Amélia a battu l’autre vampire. Bref. L’intrigue suit son cours et elle est convoquée par le Pentacle, une sorte de tribunal pour vampire afin de répondre de ces actes (c’est-à-dire le meurtre de sa « sœur » pour ceux qui ne suivent pas au fond).

« La liberté d’expression m’a toujours fascinée, sans doute parce qu’à l’époque de ma naissance, cette notion était encore complètement abstraite. »

Et là j’aimerai pousser un coup de gueule (parce que jusqu’à présent je ne faisais que me plaindre légèrement). Tout d’abord, je vous explique brièvement la situation ; après s’être fait draguer par Moïra, une membre du Pentacle (et donc surpuissante, les pouvoirs augmentant avec l’âge du vampire) elle est acquittée par le Pentacle à trois voix contre deux. Mais Amélia repousse les avances de Moïra, qui rentre dans une colère noire après que notre sympathique vampire lui a brûlé une bonne moitié du visage. Elle décide donc tout naturellement de tuer toute sa famille, mais comme elle est un peu idiote sur les bords, elle ne réussit qu’à tuer Doug, un humain ami de d’Amélia. Moïra est ensuite elle même jugée par le Pentacle et est déclarée coupable. Mais comme tout le monde a décidé d’être con aujourd’hui, les gardes lui laissent l’occasion de s’échapper, occasion qu’elle saisit. Ensuite elle décide de finir le travail en tuant Amélia, mais la vampire SURPUISSANTE (j’insiste sur ce point) se fait battre par un elfe… Plusieurs problèmes se posent. Un, pourquoi une vampire censée être au summum de sa puissance se fait battre par un elfe ? Deux, qui décide de tuer toute la famille d’une personne juste parce qu’elle a refusé poliment ses avances ? Et enfin, pourquoi est-ce que l’intrigue est si mal ficelée ? On voit à des kilomètres ce qui va se passer, et cela m’amène au point suivant, les personnages.

Amélia, notre vampire au caractère insipide, a pour famille une enfant humaine un peu trop bornée, une chienne noire, Lily, avec laquelle elle communique par la pensée (et oui les vampires parlent aussi aux chiens), Doug, un humain ami qui est mort, et Ryan une autre créature surnaturelle apparemment très puissante, mais dont on ne connaît pas la nature exacte. On ajoute à cela Lief, un vampire viking dont elle tombe un peu (?) vite amoureuse et d’autres personnages sans aucune utilité importante. Et Tyrra, un naine, mais on y reviendra un peu après.

« Les humains sont certes idiots dans l’ensemble, mais je ne voudrais pour rien au monde d’une troupe furieuse à mes trousses. »

Pour commencer, outrepassant l’histoire d’amour un peu étrange entre Lief et Amélia, je ne comprends pas vraiment la logique de leur relation. C’est à peine s’il l’insultait quand ils se sont rencontrés, et un peu après, il lui saute dans les bras. Elle lui faisait ressentir des émotions qu’il pensait disparues depuis longtemps, comme l’amour et l’inquiétude, faisant ressortir son humanité d’antan. Mais c’est un vampire ! Un VAMPIRE ! Comment un vampire peut-il faire ressortir la partie humaine ? Bref. On assiste également à un magnifique deus ex machina grâce à l’ancêtre plutôt sympathique d’Amélia, mais on est plus à ça près.

Vient ensuite le problème de Tyrra. Une naine complètement amoureuse de Lief, qui déteste Amélia et dont on suit les aventures grâce à des bouts de journaux intimes. Mais au bout d’un moment elle disparaît. Elle disparaît complètement sans aucune explication. Quand l’homme dont elle est follement amoureuse se barre avec la fille qu’elle déteste le plus au monde, elle ne fait rien. On la voit plus. Alors que ça pouvait peut-être un élément perturbateur intéressant quoique je ne suis pas sûre qu’un triangle amoureux soit, peut importe le livre, une bonne idée à mettre en place.

« Le progrès n’a pas que des inconvénients. Et la révolution internet est un progrès considérable. C’est fou le nombre d’informations personnelles que l’on peut y trouver. »

***

En conclusion : ♥♥ Après relecture de cet article, je me rends compte que je ne suis pas vraiment tendre avec ce livre, alors qu’il est pas si mauvais que ça. J’ai tout de même passé un moment assez agréable, malgré quelques passages où je m’interrogeais assez profondément sur les problèmes du livre.

C’est une histoire de vampires assez classique, avec quelques clichés, une histoire d’amour pas si dérangeante que ça et quelques petites incohérences pas si méchantes au fond.

Par Claire, de retour après un long voyage dans les limbes infernales du syndrome de la page blanche.


3 réflexions sur “Black Lily par Virginie D.Jarrier

  1. « Comment tuer une vocation dans l oeuf » serait un bon titre pour votre chronique. Je vous concède sans problème les incohérences et les légèretés dans l histoire. L histoire n a pas pour pretention d etre plus que ce qu elle est et ecrivain n est pas mon métier. Mais il s agit de mon premier roman, écrit pour m amuser avant tout. Un peu de bienveillance aurait été la bienvenue… par ailleurs je serais curieuse de savoir où vous vous êtes procuré mon livre… certainement sur l un des sites qui ont récupéré illégalement mon roman… alors pour un livre que vous avez eu gratuitement, il n est pas si mal!

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    1. Ce n’est absolument pas le but de cette chronique. Si cela a pu vous blesser, je m’en excuse. Je conçois totalement qu’une histoire peut avoir ces incohérences et pourtant être sympathique, et c’est d’ailleurs ce que je dis dans ma conclusion. J’ai moi même tenté d’écrire une histoire, et je sais parfaitement la difficulté que cela représente. Je m’excuse également de ne pas avoir acheté votre livre (je ne savais pas qu’il était payant). Néanmoins, je suis de tout cœur avec vous si vous avez comme projet un nouveau roman, et cette fois ci je l’achèterai. Toutefois, si ma chronique vous semble trop blessante, je peux tout à fait la supprimer.

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