Le Faiseur de rêves par Laini Taylor

Lash out – Alice Merton

couv21634731Le Faiseur de rêves est un roman de fantasy écrit par Laini Taylor et publié aux éditions Lumen en 2018. Il comporte 664 pages.

C’est le rêve qui choisit le rêveur, et non l’inverse…
Il est une ville, au centre du désert, où nul n’a le droit de se rendre sous peine de mort. De ses entrailles sortaient autrefois d’interminables caravanes chargées de trésors mais, depuis deux cents ans, la cité est coupée du reste du monde… Pire encore, un soir d’hiver, le nom de ce lieu de légende s’évanouit en un clin d’œil de la mémoire de tous – Lazlo Lestrange, orphelin de cinq ans à peine, ne fait pas exception à la règle. Frappé au cœur, le petit garçon restera irrémédiablement fasciné par cette énigme. Quinze ans plus tard, il travaille dans la plus grande bibliothèque du monde, à Zosma, en rêvant de fabuleuses découvertes quand, de la Cité Oubliée, émerge tout à coup une curieuse expédition venue recruter les meilleurs scientifiques du continent. Pourquoi diable s’obstiner à réunir ses esprits éminents ? Mystère…Et pourquoi Lazlo voit-il donc ses songes se peupler de visions étranges – à commencer par une déesse à la peau bleue pourtant assassinée, des années plus tôt, par les habitants de la ville interdite ? Qui est-elle vraiment ? Comment le jeune homme, qui ignore tout de sa légende, peut-il bien la voir en rêve ?

***

Aujourd’hui, un récit palpitant plongé au cœur d’un désert et d’une histoire sanglante, où le monstre n’est peut-être pas celui que l’on croit…

« shrestha (shres-thuh) nom

Lorsqu’un rêve se réalise, mais pas pour le rêveur.

Archaïque. De Shres, dieu bâtard de la fortune, censé punir pour leurs offrandes insuffisantes les dévots venus le supplier en accordant à d’autres la réalisation de leurs désirs les plus profonds. »

Tout d’abord, un rapide passage sur la couverture, qui est vraiment belle. Ensuite je trouve le résumé assez mal fait ; premièrement, il spoile une partie de l’intrigue (l’expédition venue recruter, la jeune fille en rêve) et deuxièmement les dernières phrases sont assez loin de l’intrigue principale. Ce n’est pas le plus grand mystère que l’identité de la déesse -d’autant plus qu’elle le révèle assez vite, et qu’on le comprend bien avant Lazlo). Maintenant, plongeons nous donc réellement dans le cœur de l’histoire…

Tout commence avec Lazlo, enfant, qui joue dans un jardin bravant l’interdiction des moines qui l’ont recueilli. Puis, d’un coup, le nom de la fameuse ville disparaît. Ne reste plus que Désolation. On retrouve notre héros plus tard, travaillant à la bibliothèque. Là, on fait la connaissance de Thyon Néro, un alchimiste jeune et surdoué qui transforme le plomb en or grâce à l’azoth, une sorte de substance spirituelle qui fonctionne comme le sang – d’ailleurs dans cet univers, les personnes ont deux cœurs. C’est Lazlo qui a découvert un indice crucial dans la combinaison gagnante. De là naît une rivalité entre les deux hommes. Lorsque la caravane venant de la ville oubliée arrive, Lazlo se fait engager comme secrétaire et part pour Désolation. En parallèle, on suit l’histoire de Sarai et de quatre autres « enfants », rejetons des Dieux. De là, Sarai utilise son pouvoir – entrer et modifier le rêve des gens – pour en apprendre plus sur les étrangers qui arrivent dans la ville. En fait la ville a un énorme problème ; un séraphin constitué de mésarthium –une sorte de métal- cache entièrement le ciel de la ville. Ancienne demeure des Dieux, c’est là que se cachent les cinq rescapés du massacre. Malheureusement, Skarthis, le dieu qui pouvait contrôler le métal est mort, assassiné, il est donc impossible pour les enfants des dieux de bouger le séraphin. Lazlo et Sarai tombent amoureux – pas du tout prévisible, vraiment, vraiment pas… – mais les différences entre les peuples sont trop grandes. Je préfère garder la fin sécrète car il y a un twist final auquel on ne s’attend pas. Le véritable problème qui se pose dans ce livre c’est comment les deux peuples peuvent cohabiter ensemble.

« Ces visions de liberté et d’abondance l’envoûtaient, le laissaient pantelant. Pas de doute : elles détournaient bien le dévot de ses considérations spirituelles, mais un peu comme une étoile filante permet d’oublier la douleur d’un estomac vide. »

Tout n’est pas noir ou blanc. On comprend rapidement que de chaque côté, il y a du bon et du mauvais. Les hommes ont certes massacrés les 6 dieux « principaux » (les enfants des dieux comme Sarai étant plutôt des demi-dieux) et -pensent-ils- tous les enfants, mais les dieux, même s’ils ont libérer les hommes du joug des ijjis – démons pas très sympathiques- ils kidnappaient les enfants des hommes pendant un an au minimum, puis les rendaient à leurs familles sans aucun souvenir, mais avec des marques de leurs sévices (et notamment les traces d’un accouchement). Qui est le plus fautif des deux ? Qui a tort, ou qui à raison ? Chacun des peuples a une part de responsabilité dans ce massacre. Les hommes sont donc déterminés à tuer tous les rejetons des dieux qui croiseraient leur chemin, et les cinq enfants survivants sont prêts à tout pour survivre, et une d’entre eux, à pour but de tuer le plus d’humains, pour se venger.

Les personnages eux mêmes sont ambiguës ; le passé de Lazlo reste mystérieux, et même s’il est un peu naïf, on s’attache très vite à lui. Sarai est déchirée entre son devoir envers ses « frères et sœurs » et les rêves des hommes qui lui révèle un autre point de vue sur le massacre que ce que lui a raconté Minya, la seule enfant à avoir eu conscience du massacre, et qui est vraiment une peste -pour ne pas être plus vulgaire. Haïssant les hommes, elle ne comprend pas Sarai, qui essaie de rapprocher les deux espèces. Cette fille est vraiment détestable au plus au point -mais il faut toujours un personnage haïssable dans les romans. Les autres enfants dieux sont plus secondaires, mais ont malgré tout, un caractère assez différent. De même pour les autres étrangers qui entrent dans la cité oubliée, à l’exception de Thyon Nero, qui est un personnage tout aussi détestable, imbu de lui-même, méprisant les autres.

« Ce nouveau mystère ne formait plus dans son esprit un sentier lumineux de lignes enflammées, mais plutôt des empreintes de pas sanglants menant dans l’obscurité. »

En conclusion : ♥♥♥♥ Un livre sympathique, que l’on lit très facilement, avec des personnages attachants -et détestables- un décor particulier et une histoire à la fois classique et originale. Un livre à lire assurément !

Par Claire


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