Premières Lignes #8

Petit et rapide coucou avec le futur traditionnel article du mois ! 🙂 Le même rappel à chaque fois : Premières Lignes est un rendez-vous créé par Ma Lecturothèque et qui consiste à présenter les premières lignes d’un roman/sa lecture en cours. Je le fais tous les mois plutôt que toutes les semaines puisque en ce moment particulièrement je ne lis pas suffisamment pour faire autrement ! 🙂 Ce mois-ci, j’ai décidé de respecter à peu près les règles (pour une fois) et je vous présente donc le tome 1 de la série que je suis entrain de lire ! C’est donc la série de Diana Pharaoh Francis, Le Cercle des Sorcières, dont j’avais chroniqué le premier tome Alliance Nocturne (psss : par ici :p) il y a quelques mois déjà ! Je vous laisse à votre lecture ainsi qu’à la liste des participant.e.s au RDV à la suite de cet article !

***

« Le portable de Max sonna. Il était réglé sur une tonalité très aiguë que la plupart des humains ne pouvaient entendre. Mais être une humaine n’était plus le problème de Max depuis 1979. Elle observa le téléphone, puis le prit sur le tableau de bord à contrecœur. L’écran indiquait que c’était Giselle. Instantanément, le corps de Max se raidit. Tout le détachement zen qu’elle avait accumulé peu à peu sur la longue route depuis le sanctuaire du Montana vola en éclats alors que la réalité revenait comme un déferlement d’égout.
Elle prit une profonde respiration. Ses poumons étaient lourds comme des pierres. Elle souffla lentement avant de soulever le clapet.
— Oui ?
— Où es-tu ?
Max grimaça. Le seul son de la voix de la sorcière embrasa une haine familière dans ses tripes. C’était comme un volcan sans fond. Elle ravala ce feu, goûtant son amertume avec une satisfaction déterminée. Elle le réduisit à une petite flamme. Il lui appartenait, la seule chose qu’elle détînt encore, et cette putain de sorcière ne pourrait jamais le lui prendre.
— Au niveau de Barstow. Pourquoi ?
— Je veux que tu ailles enquêter sur un sale petit meurtre près de Julian. On dirait que c’est l’œuvre à la fois des Prodiges et des Divins.
— Tu ne crois pas que c’est un peu stupide ? Tu ne peux pas aller foutre ton bordel sur le territoire d’une autre sorcière. Ça pourrait déclencher une guerre si je suis prise. Es-tu prête à ça ?
Giselle n’hésita pas.
— C’est un risque que je dois prendre. La vision était…
Elle s’interrompit et Max se demanda ce qu’elle s’était retenue de dire.
— Elle était trop forte pour être ignorée, reprit Giselle. Il faut que je sache ce qui se passe là-bas. Tu vas juste faire un tour et tu repars. (Elle poussa un soupir affligé.) Et, Max, je ne devrais pas te dire ça, mais ne laisse personne te voir malencontreusement.
— Pourquoi je ferais ça ? répliqua Max sur un ton faussement innocent. De toute façon, je ne pourrais pas. Tu me tiens prisonnière de tes sortilèges de contrainte. Ils ne me laisseraient jamais faire quoi que ce soit que tu ne m’aies pas ordonné, n’est-ce pas ?
Mais il y avait des moyens de contourner les sortilèges, et Max était devenue experte en ce domaine. Elle reprit :
— Et puis, tu sais ce que j’éprouve pour toi. Tes désirs sont mes ordres les plus chers.
Il y eut un silence.
— Dans ce cas-là, je veux que tu cesses de m’emmerder à tout bout de champ. Arrête d’essayer de saboter tout ce que je fais. C’est important, Max. Ne pousse pas trop.
La tension anxieuse dans la voix de Giselle déclencha en Max une cascade d’alarmes. Ce fut comme si quelqu’un avait actionné un interrupteur quand ses sortilèges de contrainte s’emparèrent d’elle. Sa colère s’éteignit instantanément et chacun de ses sens intensifiés par la magie se tendit dans une vigilance extrême. Elle se redressa sur son siège. S’il y avait une chose de vraie sur Giselle, c’était que cette putain de sorcière ne s’inquiétait jamais. Pour autant que Max le sache, ce n’était pas dans ses gènes. Mais qu’y avait-il eu dans cette vision ? Quelle sorte d’apocalypse s’apprêtait à fondre sur Julian ?
Lui poser la question ne servirait à rien. Giselle aurait déjà parlé ni elle avait voulu dire quoi que ce soit.
— Autre chose que je dois savoir ? demanda Max, redevenant pro à mesure qu’elle laissait la prédatrice en elle prendre le dessus.
Un détachement froid glissa sur elle, lui créant comme une armure, et son esprit laissa la place à des réflexes précis, aiguisés. Ce n’était pas qu’elle ne pouvait rien ressentir. Simplement, elle ne voulait pas que ses émotions interfèrent avec ce qu’elle devrait peut-être accomplir. Elle secoua rapidement la tête. Non, c’était que les sortilèges ne permettraient pas à ses sentiments de faire obstacle, et cela ne faisait que rendre ce qu’elle avait à faire bien pire encore. Mieux valait devenir de glace et se débrouiller lorsque celle-ci fondrait plus tard. Bien plus tard.
— Il y a un verger au nord de la ville, reprit Giselle, interrompant ses pensées. C’est là que ça va se passer.
— D’ici combien de temps ?
— Deux heures, plus ou moins. C’est prévu, tu ne peux pas l’arrêter. Je te verrai demain à San Diego.
Giselle se tut, mais elle ne raccrocha pas. Enfin, elle ajouta :
— Max… Sois prudente. Ça risque d’être moche.
Le téléphone était redevenu silencieux. Max le contempla un moment, hésitante, puis elle composa un numéro. Oz répondit dès la première sonnerie.
— Max ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
— Faut-il forcément que quelque chose n’aille pas pour que je t’appelle ? demanda-t-elle, puis elle grimaça.
Question idiote…
— Je suis avec Giselle depuis presque aussi longtemps que toi. Depuis tout ce temps, tu ne m’as jamais appelé que quand c’est franchement la merde. Alors, qu’y a-t-il ?
Max posa le téléphone sur ses genoux, elle réfléchissait. Oz répéta son nom avec impatience. Elle fixa son regard sur la route. Devait-elle dire quoi que ce soit ? Mais l’inquiétude à l’état pur de la voix de Giselle la poussa à parler. Elle ramena le téléphone à son oreille.
— J’ai l’impression que quelque chose de mauvais arrive, et je ne peux pas m’en défaire. Fais juste en sorte que toi et tes Lances Solaires restiez près de Giselle. Et fais la même chose pour mes Lames.
Elle pouvait presque entendre son sourire.
— Si je n’étais pas bien informé, je jurerais que tu te fais du souci pour elle.
— Ne m’oblige pas à te botter le cul. Je te l’ai dit, si quelqu’un parvient à tuer Giselle, ce sera moi. En attendant, garde-la en un seul morceau jusqu’à mon arrivée.
— Ce sera quand ?
— Au petit matin, si rien ne dérape. Il faut d’abord que j’aille quelque part.
Max ne lui laissa pas l’occasion de répondre ou de poser des questions. Elle referma le clapet de son téléphone et le reposa sur le tableau de bord, avant de prendre une bretelle de l’autoroute 15 pour s’arrêter sur une aire poussiéreuse, noyée dans l’obscurité du désert.
D’après sa carte, Julian se trouvait à environ deux cent cinquante kilomètres dans les montagnes. Il lui faudrait rouler au moins trois heures, mais le moment où elle y parviendrait n’avait pas d’importance. Le meurtre était programmé. Elle ferma les yeux, se laissa aller sur l’appuie-tête, et frotta de ses doigts la naissance de son nez, entre ses sourcils. Ce n’était pas son boulot d’aider les gens. Elle n’était pas un chevalier en armure étincelante. Elle était une tueuse, l’arme favorite de Giselle. En outre, même si elle arrivait à Julian à temps, rien n’indiquait que quelqu’un là-bas méritait d’être sauvé. Elle poussa un profond soupir. Giselle avait dit que le meurtre évoquait les Prodiges et les Divins. Et cela signifiait que tous ceux qui étaient mêlés à ça l’avaient sans doute bien cherché.
Quelque chose en elle refusait d’y croire. Elle tendit de nouveau les mains vers le volant. Son estomac ne lui laissait pas le choix. En plus, elle n’avait pas mangé depuis des heures. Elle avait faim. »

***

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Par Sophie.

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