Anno Dracula par Kim Newman

The Textocist OST – Ray’s Master (parce que c’est la meilleure)
Bon c’est pas une chanson mais une OST d’un jeu vidéo assez sympathique où l’on incarne un prêtre dissident au sein de l’Eglise catholique corrompue qui essaie de déjouer les complots dans une Rome hostile.

Anno Dracula – tome 1

Anno Dracula est un livre de fantasy écrit en 1992 et réédité récemment par Le livre de poche, et écrit par Kim Newman. Il fait environ 510 pages (sans compter les annotations, explications et fins alternatives de la réédition).

J’ai mis la couverture de la réédition parce que je la trouve plus belle que les autres. Chose assez drôle, Neil Gaiman a donné son avis (au milieu de la couverture). Ca me fait rire de voir que Neil Gaiman est absolument présent dans toutes mes dernières lectures.

Après ces semaines intenses d’examens, j’ai enfin le temps de lire Anno Dracula, un livre acheté plus tôt dans l’année, avec le vain espoir de pouvoir le lire rapidement. Enfin, mieux vaut tard que jamais, alors enfonçons-nous ensemble dans un Londres malfamé et vampirique…

* *

Londres, 1888. Depuis que Dracula a épousé la reine Victoria, la terreur règne sur la capitale. Sous l’influence du sulfureux comte, les citoyens sont de plus en plus nombreux à rejoindre les rangs des vampires, toujours plus puissants, et il ne fait pas bon d’être simple mortel. Mais la riposte ne se fait pas attendre. Dans les sinistres ruelles de Whitechapel, des prostituées vampires sont assassinées par un mystérieux inconnu aux scalpels d’argent. Lancés dans la traque du tueur, Genièvre Dieudonné, une vampire à la jeunesse éternelle, et Charles Beauregard, espion au service du Diogene’s Club vont devoir gravir les échelons du pouvoir. Et s’approcher dangereusement du souverain le plus sanguinaire qu’a jamais connu le royaume…

* *

Nous voici reparti pour une histoire pleine de vampires et de ruelles coupe-gorge, dans un Londres dépravé au XIXème siècle. Dracula a gagné la bataille qui l’opposait à Van Helsing (chasseur de vampires de son état) et a épousé la reine Victoria, devant le Prince Consort. On retrouve dans le livre l’ambiance de l’époque victorienne, notamment les bas fonds de la ville. Sauf qu’ici, dans cette atmosphère putride et malfamée de Londres, se superposent les tensions entre vivants et non morts (comprenez vampires). Notre histoire se centre donc sur l’enquête autour des meurtres des prostituées vampires par un mystérieux individu (enfin pas si mystérieux que cela puisque dès les premiers chapitres on connaît le tueur). Vous vous dites sûrement : « Tiens donc, cette histoire de meurtrier qui tue des prostituées à Londres à l’époque victorienne, ça me rappelle un truc ça ». Et vous avez raison ; outre l’histoire de Dracula (finalement assez peu présent physiquement dans l’histoire) l’auteur réécrit également l’histoire de Jack l’Éventreur. Et l’histoire se centre autour de l’enquête pour essayer de le démasquer, sur fond de montée de tensions entre vivants et non morts, et de complots. Depuis le Paris des Merveilles, de Pierre Pevel, je n’avais pas relu d’histoire autour d’une enquête dans un monde rempli de personnages fantasy. Et c’est un retour plutôt réussi dans ce genre de livre.

« Ces meurtres étaient des étincelles dans un pays transformé en poudrière. »

L’histoire est bien ficelée. Alors bien sûr, on connaît l’identité du tueur depuis le début, mais cela n’enlève en rien la satisfaction de voir l’enquête progresser petit à petit. Mais pour moi, la force de ce livre ne réside pas seulement dans l’enquête, mais également dans l’univers dans lequel l’auteur nous emmène. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment les différentes factions utilisent Jack l’Éventreur comme un moyen de tirer la couverture à soi. La façon dont les complots se montent est bien plus intéressante que la simple enquête. C’est une intrigue qui m’a saisie et qui a fait qu’une fois le livre pleinement commencé, je n’ai pas pu le lâcher.

Je trouve que le livre a su saisir pleinement la montée des tensions entre vivants et non morts dans une société où les mœurs sont en train de changer, et où les vampires prennent une place de plus en plus dominante. Les petites références ci et là, à l’œuvre originale de Bram Stoker ou à d’autres personnages fictifs ou réels de l’époque sont également bien intégrées : on est heureux quand on en trouve un, mais ne pas les saisir ne gêne aucunement la lecture. Pour vous donner un exemple, Charles Beauregard, l’espion qui enquête sur Jack l’Éventreur, parle un moment du détective malin enfermé à Devil’s Dyke, faisant référence à Sherlock Holmes. Il est d’ailleurs fait mention de Mycroft, au Diogene’s Club, son frère (si je ne dit pas de bêtises). L’auteur fait également référence à Oscar Wilde. Bref toutes ces petites allusions font que l’histoire s’ancre d’autant plus dans un véritable monde.

« – Une arme assez onéreuse, certainement ?
– C’est exact, Mr B. Ceci est le modèle Reid, du nom du gentleman yankee qui a dit que les balles devaient être chères, pour rappeler que la vie n’est pas une denrée qu’on doit gaspiller.
– Une pensée admirable. Et étonnante de la part d’un Américain… »

Concernant les personnages, deux m’ont particulièrement marquée. Jack, bien évidemment, puisqu’en le suivant on comprend ses motivations (certes douteuses, mais c’est toujours agréable de voir que le méchant n’est pas un simple méchant sans aucun but) et j’ai trouvé que l’auteur montrait bien la descente aux enfers du type. Parce que Jack est quand même un sacré psychopathe. Bref. Le second personnage qui m’a marquée c’est Pénélope Churchward. C’est seulement un personnage secondaire, mais elle m’a horripilée tout au long du livre. Je sais qu’au vu du contexte du livre, l’heure n’était sans doute pas à la libération de la femme, mais ses petites réflexions sur ce sujet m’ont donné envie de la baffer. Je cite « Certaines femmes sont comme des tapis, elles devraient être battues régulièrement. » (pense-t-elle en parlant avec une journaliste indépendante). Mais en plus de ces propos absolument horribles, elle est insupportable en tout point.

Dernier point à aborder, peut être l’un des plus important la fin. Nina et Sophie m’ont fait remarquer (à juste titre ?) que je préférais les fins tristes/plutôt nuancées que les fins heureuses. Il s’avère que la fin de ce livre est une illustration parfaite du type de fin que je trouve incroyable. Pas nécessairement joyeuse, youpi on a arrêté le meurtrier, on tue Dracula parce qu’il est méchant, on se marie et fin (oui, oui, il y a une histoire d’amour dans ce livre. Enfin elle est bien écrite et prend très peu de place donc ça va). Non, ici c’est une fin plus nuancée, qui conclut admirablement l’histoire.

« À l’évidence, une longue existence n’assurait pas un développement proportionné de l’intelligence. »

En conclusion : ♥♥♥♥ Sans être un coup de cœur immédiat, ce livre a tout pour faire passer un bon moment : une intrigue prenante et bien ficelée, des personnages attachants (sauf Pénélope), bien que peu marquants, une fin qui conclut bien l’histoire, et qui laisse la voie aux autres tomes.

Par Claire.


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