Premières Lignes #26 (que l’on peut aussi intituler : le problème Rebecca Kean)

Bonjour à vous en ce milieu du froid mois de février ! Aujourd’hui, je vais utiliser ce rendez-vous pour pour faire une mini-chronique du livre que je vous présente : Traquée, le premier tome de Rebecca Kean de Cassandra O’Donnell. Rebecca Kean est une série que je lis depuis un certain temps mais je ne souhaite pas faire une « vraie » chronique dessus pour le moment pour plusieurs raisons (je peux vous les donner d’ailleurs) : mon sentiment à son propos est assez compliqué. Il faudrait donc que je fasse soit une chronique tome par tome, ce que je me refuse à faire pour une raison simple. Je connais la suite donc mon sentiment est biaisé, et de plus je doute être contente de ce que je vais écrire de toute manière. Seconde option, je vous fais un Parlons Saga mais la série n’étant pas finie, je ne trouve pas cela juste. J’aurais l’impression de ne pas rendre justice à cette série et en plus en fonction des derniers tomes, je pense que mon avis peut changer radicalement. Bref, tout ce long paragraphe d’introduction pour vous dire que je vais vous expliquer mon sentiment actuel sur Rebecca Kean et pourquoi c’est compliqué. 🙂
Petit sommaire : je spoile plus ou moins gentiment des éléments de la série. Pour vous faire un petit récapitulatif : le paragraphe suivant est consacré à la série en général dans lequel le spoil est mineur mais si vous n’avez jamais lu, vous êtes prévenu.e.s. Le dernier paragraphe en revanche est dédié à mon impression sur le tome 7, Amberath – que je viens de finir et qui était donc ma lecture en cours 🙂 – et là le spoil est un peu plus méchant. Vous êtes averti.e.s, n’hésitez pas à sauter jusqu’aux petites étoiles si vous n’aimez pas lire les avis avant d’avoir lu le livre 🙂

Il faut savoir que Rebecca Kean est une série en 7 tomes mais si les cinq premiers tomes sont parus de manière assez régulière, nous avons beaucoup attendu la parution des sixième et septième tomes (l’autrice a de multiples séries en cours, les problèmes du confinement … Tout cela donne en tout environ 5 ans d’attente si je ne m’abuse). Je suis fan des cinq premiers tomes de la saga mais j’avoue que les délais pour les deux derniers ont un peu émoussé mon intérêt. J’ai été également très très déçue par le sixième tome qui est tout petit et n’existe que pour vous faire patienter (ce qui a été à mon sens un échec complet car je n’ai pas du tout aimé l’intrigue). Sinon, pour parler du fond plutôt que de la forme, j’adore l’univers de Rebecca Kean avec ses multiples créatures surnaturelles et Rebecca est une héroïne à laquelle on s’attache aisément. Je suis amoureuse de Raphael, vampire blond aux cheveux longs très terrifiant et juste parfait et j’apprécie bon nombre de personnages de la série sans compter les intrigues intéressantes et très prenantes. Pour le moment que du positif donc. Mes principaux problèmes avec cette série sont les suivants : il y a beaucoup trop d’hommes dans la vie de Rebecca. Pour moi, Raphaël est le seul (l’unique, le parfait, le must – non je ne fangirl pas du tout) et les autres sont là pour le drama. Sauf que ce n’est pas le genre de drama que j’aime et pour vous donner un chiffre, ils sont au moins quatre à s’être succédés aux pieds de Rebecca. Elle pourrait se faire un harem. Très franchement ça me soule. Ensuite mon deuxième problème, c’est la manière de l’autrice d’amener les choses. Je m’explique. À certains moments, on a l’impression que l’autrice lance une idée d’intrigue future. Mais entre temps elle doit s’en être lassée parce que cette idée s’annule de manière toute moche dans le tome suivant. Bref, frustration.

Pour terminer par le vif du sujet, mon avis sur le septième tome que je viens de finir. Je suis très mitigée. J’avais le vain espoir que ce tome soit le dernier. Ce n’est pas le cas et je ne le regrette pas trop parce que l’autrice prend le temps de bien amener son twist final donc j’ai apprécié plutôt qu’une fin rapide de « on se débarrasse de la patate chaude encombrante ». L’intrigue était chouette et on voit de plus en plus les Vikaris – et qui n’aime pas voir des femmes badass et méchantes dans un bouquin ? En revanche, le personnage de Bruce est revenu – personnage que je déteste – et je déteste encore plus la relation qui s’installe entre Rebecca et lui. Ça fait plusieurs tomes qu’on les voit aller et venir, ça y est, ils ont craqué, j’aurais préféré que ça n’arrive pas. Pire, la relation avec Raphaël qui lui n’apparait presque pas. J’ai eu le sentiment que l’autrice ne savait pas quoi faire de la relation Raphaël/Rebecca donc elle l’a mis en pause durant le tome pour la reprendre après. Ça m’horripile surtout qu’on voit le triangle amoureux arriver avec ses gros sabots. De manière générale, si vous lisez un extrait du tome 5 entre Rebecca et Raphaël et un extrait du tome 7 … C’est fou comme l’autrice a radicalement changé les émotions du personnage et presque sans préavis, sans raison valable en fait.
Tout ça pour dire (oui au final je vous ai presque fait une chronique), je pense que la série ne devrait pas excéder deux tomes supplémentaires. Pour moi, il est temps de finir Rebecca Kean avant que ça ne parte dans tous les sens – en plus l’attente n’aide pas à conserver son enthousiasme pour la série. La fin, ou plus clairement, avec qui Rebecca va finir et comment quelle fin aura Raphael, jouera également beaucoup sur mon sentiment général. C’est une série que je recommande tout de même, les cinq premiers tomes sont vraiment bons et même si je soulève des points négatifs, les points positifs l’ont toujours emporté jusque là et c’est la raison pour laquelle je continue la série malgré ma crainte d’être déçue (le sixième tome a tellement été une claque) et de gâcher ma vision de cette série. Voilà, c’est tout pour moi, je vous laisse découvrir les premières lignes dans la suite de cet article !

Petit Rappel : Ce rendez-vous a été créé par Ma Lecturothèque pour faire découvrir les premières lignes d’un livre, souvent notre lecture en cours. Il est censé être hebdomadaire mais je le fais mensuel par commodité avec mon rythme de lecture. La liste des participant.e.s se trouve comme d’habitude en bas d’article.
Sur ce, bonne lecture 🙂

***

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Chapitre 1

Je me demandais si je devais rouler ou non sur le cadavre. De toute façon, je ne pouvais pas le contourner. La route bordée par les arbres était trop étroite et il était allongé en plein milieu de la chaussée. Mais ce n’est pas parce qu’on n’a pas le choix que ça rend les choses plus faciles. On a beau tenter de se convaincre qu’une voiture ne peut pas causer de dommages à un mort et qu’il est plus simple de l’écraser que de le déplacer, on a quand même du mal à appuyer sur l’accélérateur. Putain d’éducation. Je descendis de ma voiture en râlant et jetai un coup d’œil autour de moi. La peur et la douleur avaient imprégné les arbres et j’entendais le pouvoir de la terre me murmurer sa souffrance. La victime était humaine. Je me penchai au-dessus du corps et écartai les mèches de cheveux bruns qui lui collaient au visage. C’était une jeune femme, plutôt jolie. Elle n’était ni blessée, ni dépecée, ni mutilée (c’était toujours ça de gagné). Je passai mes mains au-dessus de son corps et laissai mon pouvoir explorer sa chair en décomposition. Il ne me fallut que quelques secondes pour trouver ce que je cherchais et un signal d’alerte s’enclencha directement dans mon cerveau. Je devais déguerpir et virer ce bout de barbaque de ma route au plus vite. J’attrapais fermement les jambes de la fille et commençais à la tirer doucement sur le côté. (Non, déplacer un corps inerte n’est pas aussi facile qu’on peut l’imaginer.) 
J’étais presque parvenue à mes fins lorsque je sentis tout à coup une bourrasque glacée me parcourir le dos. Les battements de mon cœur s’accélérèrent. Je fermai les yeux et me concentrai sur les alentours – la forêt était devenue étrangement silencieuse et la nuit commençait à tomber. Un halo de lumière protecteur m’entoura puis mon pouvoir se mit à ramper à la recherche du prédateur.
Je n’avais aucun mal à décrypter son énergie : elle était aussi perceptible que l’odeur de la mort.
— Sors de là, dis-je d’un ton ferme.
 J’avais beau essayer, je n’arrivais pas à le localiser. Pourtant, je le sentais près de moi, il se demandait s’il pouvait m’approcher.
— Très bien, tu l’auras voulu, murmurai-je.
Je respirai un grand coup et laissai la magie m’envahir. Une vague de chaleur me traversa aussitôt le corps et l’énergie jaillit de mes mains pour s’élancer vers les arbres comme une tornade de feu.
— C’est un simple avertissement, criai-je d’un ton menaçant.
J’entendis tout à coup un éclat de rire situé à quelques pas, juste derrière moi.
— C’est noté.
La voix était sensuelle, chaude et envoûtante. Je me retournai aussitôt.
— Je croyais les vampires plus discrets, lançai-je, exaspérée.
— Et moi, je croyais les sorcières plus prudentes, rétorqua-t-il, visiblement amusé.
Il portait un jean noir et un pull de laine beige. Des cheveux blonds et lisses tombaient jusqu’en bas de son dos et recouvraient partiellement les traits fins et aristocratiques de son visage sublime. Il était d’une beauté dévastatrice et inhumaine comme peuvent l’être, parfois, ceux de son espèce.
— Désolée de te le faire remarquer, mais la nuit n’est même pas encore complètement tombée, fis-je en haussant les sourcils.
Il se mit à sourire en dévoilant ses crocs.
— Je suis un lève-tôt.
Et en plus, c’est un marrant. Il y a des jours comme ça, où on se sent tellement verni qu’on a envie de se jeter à travers une fenêtre juste pour que ça s’arrête.
— Des problèmes d’insomnie ? raillai-je.
— Parfois. Je ne savais pas que les sorcières aimaient tripoter les cadavres humains, dit-il en jetant un coup d’œil à la fille, c’est une pathologie intéressante.
— Ce foutu corps n’est pas à moi, elle est morte depuis plus de douze heures… me défendis-je aussitôt.
Il se rembrunit.
— Je sais. Ce foutu corps, comme tu dis, nous appartient.
— Personne ne vous a prévenu que la chasse aux humains était interdite ? dis-je d’un air réprobateur.
— Sache pour ta gouverne que celui qui a fait ça – il montra le cadavre – a été durement puni et que ce n’était pas moi. Je venais juste…
–… faire le menage ?
— Exactement.
Il s’avançait vers moi. Je me mis à reculer et tombai maladroitement sur les fesses.
— Tu sembles effrayée, susurra-t-il.
Tu m’étonnes. Croiser la route d’un vampire n’était déjà pas une partie de plaisir, alors en rencontrer un assez puissant pour se déplacer en plein jour, c’était carrément l’horreur…
— C’est un réflexe, une stupide histoire d’instinct de conservation, dis-je en me relevant et en frottant mes mains sur mon Jean.
Il me fixa. Ses yeux bleus étaient si clairs qu’ils en paraissaient presque blancs.
— Au moins, je ne te laisse pas indifférente, la peur, c’est toujours mieux que rien.
Je n’avais qu’une envie, ficher le camp au plus vite.
— Tuer un vampire ne me pose généralement pas de problème, mais tu n’es pas un vampire ordinaire, pas vrai ? dis-je en affectant un air décontracté.
— Non. Mais si ça peut te rassurer, sache que je n’étais même pas un humain ordinaire.
C’était sans doute étrange, mais je le croyais. Habituellement, j’étais capable de reconnaître l’origine de la plupart des vampires.
Ils utilisaient des intonations et une syntaxe propres à leur époque, mais j’étais incapable de deviner l’âge et l’origine de celui qui se tenait devant moi.
Il me dévisagea soudain comme s’il avait pu lire le déroulement de mes pensées et dit d’une voix condescendante :
— Je suis scythe, mais je doute que cela te dise grand-chose.
Scythe ? Ces nomades avaient vécu dans les steppes d’Ukraine et de Sibérie plusieurs siècles av. J.C. On les considérait comme les « premiers vampires humains » parce qu’ils avaient pour habitude de boire le sang du premier ennemi qu’ils tuaient au cours d’une bataille et s’abreuvaient dans des crânes sciés qui leur servaient de coupes. Beurk…
— Tu ne fais pas tes deux mille cinq cents ans, dis-je d’un ton narquois.
Une lueur admirative passa dans son regard.
— Tu t’intéresses à l’histoire ?
— Cela m’arrive, répondis-je d’un air évasif.
Deux mille cinq cents ans… J’étais sacrément dans la panade et mon intuition me disait que ça ne risquait pas de s’améliorer. J’avais fait la guerre et j’étais une combattante aguerrie, mais je ne m’étais jamais retrouvée en face d’un tel adversaire.
— Je sens ton angoisse, mais elle est inutile. Je ne peux pas te tuer. Comme tu le sais, les règles du Traité de paix sont strictes et aucun de nous ne peut y déroger, dit-il avec un regret évident.
Les sorcières et leurs alliés (les lycanthropes, les chamans et les muteurs) n’étaient officiellement plus en guerre avec les vampires et les démons, mais on ne pouvait pas dire que ça réjouissait tout le monde. Et si la population surnaturelle mondiale n’avait pas diminué de moitié ces deux cents dernières années, nous serions tranquillement en train de continuer à nous entre-tuer.

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