Grisha : Les orphelins du royaume par Leigh Bardugo

MGMT – Little Dark Age


Les orphelins du royaume
est le premier tome de la trilogie Grisha, écrite par Leigh Bardugo et publiée aux éditions Milan en 2017. Il compte 338 pages.

Orpheline, Alina ne peut compter que sur elle-même. Quand l’armée la recrute pour une expédition dans la Nappe d’ombre, un brouillard maléfique qui déchire le royaume, la jeune fille s’attend à y laisser sa peau… Les rares survivants des précédents raids racontent que des monstres s’y repaissent de chair humaine ! Seul Grisha, puissants magiciens, sont à même de lutter contre cette malédiction. Et si cette épreuve révélait aux yeux de tous la véritable nature d’Alina ?

***

Bonjour à vous ! Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler d’une lecture que j’ai faite très récemment en compagnie de Sophie : Les Orphelins du royaume, premier tome de la très populaire série Grisha

Dans ce livre nous suivons l’histoire d’Alina et Mal, deux jeunes orphelins qui ont ensuite intégré l’armée, l’un comme traqueur et l’autre comme cartographe. Néanmoins lors d’une mission périlleuse et tout aussi dangereuse, la jeune fille va, au péril de sa vie, sauver celle de son compagnon d’une manière quelque peu… surprenante. Elle va alors découvrir sa véritable nature, et apprendre qu’elle serait peut-être la clé pour sauver le monde. Mais à quel prix ? 

« Bienvenue à la cour. »

Tout cela donne envie n’est-ce pas ? Je ne vais pas tourner autour du pot pendant des heures : cette lecture m’a définitivement laissée sur ma faim. Croyez-moi, j’en suis la première déçue.

Pour moi, le gros point faible de ce roman réside dans ses personnages. Si on prend un petit peu de recul, il n’y en a pas tant que cela : Alina et Mal nos deux personnages principaux, le Darkling, Genya… et les autres ben… ils sont Grisha. Et voilà. Hop. Bon vous allez me dire, moi qui pleurniche dès qu’il y a plus de 5 personnages parce que je n’ai pas la mémoire des noms, je devrais m’estimer heureuse. Eh bien vous avez raison. Mais on peut aussi se dire qu’avec si peu de personnages, on aurait quelque chose de très fouillé, de très construit et de très complet…. Malheureusement tout cela n’était, à mon sens pas au rendez vous. J’ai été très déçue.
Commençons par Alina : elle est le personnage que nous suivons de la première à l’ultime page, celle dont nous entrons dans les pensées grâce à une narration à la première personne, celle derrière qui TOUT LE MONDE place ses espoirs, la sauveuse du royaume et…. Ben rien. Alina est surtout très naïve, très inconstante et sa construction m’a semblée très peu crédible tant son inconstance prenait le pas sur tout. J’admets sans problème que la responsabilité d’être l’héroïne d’un roman de sauver le monde, quand tu sors à peine de l’adolescence n’est pas simple. Mais que diable, un peu de maturité.
Soyons plus sérieux.
Alina est une jeune fille qui veut œuvrer pour la justice et pour le bien. En cela ses intentions sont très très louables. Le problème derrière cela, c’est que son comportement en devient incohérent. Non Alina, sur la base de suppositions d’un personnage que tu n’aimes pas, tu ne peux pas t’enfuir et combattre les forces du mal toute seule alors que tu maîtrises ton pouvoir depuis trois semaines et que les forces du mal sont dangereuses et sont surtout là depuis des siècles. Non. Et tout le livre est construit comme ça, chacune des décisions d’Alina se base sur ce modèle. Puis une fois qu’elle a pris la décision, elle la remet en question pendant trois chapitres et… oh que diable c’est épuisant. Le problème, c’est que toute l’histoire se fait du point de vue de la jeune fille, et cela devient très vite agaçant pour le lecteur. Je pense qu’il aurait peut-être davantage fallu doser cela. Je conçois qu’Alina doute, mais à force de trop douter, on finit par faire de très mauvais choix, qui peuvent avoir de graves conséquences… et cela l’histoire nous le dira !

Pour ce qui est des autres, ils suivent tous un schéma sensiblement identique. S’ils me paraissent mieux construits, et plus cohérents, ils sont aussi très flous. Mal par exemple que j’ai bien apprécié (contrairement à Sophie), se définit surtout par son courage, sa force, son rôle de Traqueur et sa loyauté envers Alina. On sait qu’il est plutôt pas mal…. Et c’est tout. Il se borne à être le compagnon de quête (bon heureusement qu’il est là sinon Alina serait morte page 30.) mais pour le reste, on en sait très peu. Autre exemple, Genya, personnage que j’ai, là encore bien aimé : elle se définit aussi par rapport à Alina… et si elle a une évolution intéressante, et que j’ai aimé le fait qu’elle reste raccord à ses principes et qu’elle n’en déroge pas… elle reste très très peu exploitée et complètement au second plan. Le Darkling enfin, qui est sans contestation possible le personnage qui porte littéralement ce roman (et que j’ai bien apprécié, vous connaissez la musique), et bien il reste très mystérieux… même après 338 pages.

Globalement toute cette construction est très manichéenne. Si dans un roman ce n’est pas toujours dérangeant, je pense qu’il s’agirait de trouver un juste milieu. Il y a clairement d’un côté le camp d’Alina, et de l’autre le camp des méchants. Le maître de tous les Grisha est, aux yeux de la jeune fille simplement l’incarnation même du mal… mais à bien y réfléchir, et avec le peu d’éléments dont on dispose, c’est un petit peu simpliste comme vision. En tant que lecteur (et à cause de cette détestable narration à la première personne) on est complètement prisonniers du point de vue d’Alina, qui elle a une vision très naïve des choses, et reste enfermée dans sa propre conception du bien. Mais au final, cela rend tout le reste très simpliste, et j’ai vraiment trouvé cela dommage. Parce qu’Alina ne cherche pas à comprendre ceux qu’elle perçoit comme ses ennemis. Ils sont juste ses ennemis parce qu’ils ont des intérêts divergents au sien. En vérité le dilemme dans lequel se trouve la jeune fille est bien plus complexe que cela, et je pense que ça aurait été intéressant de l’exploiter dès le premier tome. 

« Le problème avec le désir, c’est qu’il nous rend faibles. »

Comme les personnages jouent beaucoup dans l’appréciation d’une histoire, l’univers de Grisha subit les mêmes défauts que ses protagonistes : la construction semble très floue. L’autrice nous livre pour le moment très peu de détails. On s’immerge très facilement dans l’univers, l’idée de consonance et d’ambiance russe est très originale, je trouve le système des Grisha très intéressant mais trop peu exploité, pareil pour le système politique de la Ravka. Cela ressemble à une monarchie, mais alors quel est concrètement le rôle du Darkling, et la portée politique des Grisha ? Pourquoi vivent-ils des situations différentes selon les territoires… bref, beaucoup de questions restant sans réponse. J’espère vraiment que tout cela sera développé dans les autres tomes, mais j’aurais bien aimé en savoir déjà un petit peu plus dès le début car je pense que si je ne l’avais pas lu avec Sophie je n’aurais sans doute pas poursuivi à cause de ce manque d’informations, qui devient presque pesant. Malgré tout, la petite carte au début du livre est très chouette, et montre aussi tous les lieux qui nous restent à explorer. Je pense que cela laisse présager encore pas mal de découvertes pour la suite. 

L’INTRIGUE ENFIN (c’est bref, et ce n’est pas anodin).
J’ai été assez déçue par la tournure qu’ont pris les évènements. Pour moi ce premier tome met beaucoup en avant la (les ?) romance au détriment du reste, et cela a été parfois très agaçant à suivre (vous ai-je déjà parlé de l’inconstance d’Alina ?). Les divers rebondissements m’ont parfois semblé trop peu réalistes (autant que peut l’être un roman de fantasy) et assez peu cohérents. Ce premier tome, hormis deux ou trois grosses révélations avance très peu, et j’espère vraiment qu’ensuite cela va s’améliorer. 

« Merci de m’avoir retrouvée. »

En conclusion : ♥♥♥ Les orphelins du royaume est un livre qui m’a vraiment peu séduite. Je ne me suis pas particulièrement attachée à l’héroïne et je pense que cela m’a porté préjudice pour apprécier le reste de l’histoire. J’ai trouvé la construction des personnages trop manichéenne, la présentation de l’univers assez floue et l’intrigue assez peu captivante. Au demeurant il s’agit d’un premier tome, et il est évident que tout ne peut pas être dévoilé dans les 300 premières pages alors que la série complète en fait au moins 900. Je vais donc donner sa chance à la suite, en espérant que l’univers soit de moins en moins flou, et les personnages moins manichéens.

Par Nina


4 réflexions sur “Grisha : Les orphelins du royaume par Leigh Bardugo

  1. J’ai commencé à regarder la série, qui m’a bien donné envie de lire le livre, mais je me suis dit peut-être plutôt en anglais. .. et ce que tu dis ici, le confirme, ça ajoutera un niveau de difficulté à l’histoire comme ça ^^

    Aimé par 1 personne

    1. Etant donné que le français est très très accessible je pense que ça doit être la même chose pour l’anglais ! Honnêtement je suis en train de lire la suite, et ça s’améliore au fil des tomes ! Je pense que cela pourrait peut-être te plaire si tu choisis de poursuivre la série ensuite ! 😀

      J'aime

On en discute ? ;)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s