Un souvenir nommé empire par Arkady Martine

Exit Eden – A Question Of Time

Me voilà de retour avec de la SF cette fois-ci ! Ce n’est pas vraiment mon genre préféré, mais le titre et la couverture de ce livre-ci m’ont trop attirée pour que je puisse résister. Grâce aux nombreuses heures coincée sur la route (il faut bien trouver quelque chose de positif à dire sur ces heures d’attente), j’ai pu le lire d’une seule traite et je n’ai pas été trop déçue.

Un Souvenir nommé empire - Arkady MARTINE - Fiche livre ...

Un souvenir nommé empire est donc le premier tome de la série Teixcalaan, écrite par Arkady Martine et publiée au édition Nouveaux Millénaires. Le premier tome comporte 500 pages.

Yskandr, l’ambassadeur de Lsel en poste dans la capitale de l’Empire teixcalaanli, est mort. Sa remplaçante, la jeune Mahit Dzmare, part avec un handicap : la puce mémorielle censée lui fournir tous les souvenirs de son prédécesseur est défectueuse, la laissant démunie face à une société complexe dont elle a du mal à appréhender les codes. Elle peut cependant compter sur l’aide de Trois Posidonie, sa chargée de liaison pleine de ressources, pour la guider parmi les intrigues et les chausse-trappes de la politique Teixcalaanlie.Mais plusieurs questions demeurent : qui a tué Yskandr, et pourquoi ? Risque-t-elle de subir le même sort ?

On suit donc l’histoire de Mahit, la nouvelle ambassadrice de Lsel dans l’empire de Teixcalaan, et le fait que la planète se fasse appeler empire n’est pas un hasard : il semblerait que Teixcalaan ait tendance à conquérir l’espace environnant. Mahit a donc la délicate mission d’éviter que sa station de naissance soit aspirée par cet empire. Pour cela, elle est aidée de Yskandr (promis on reparle des noms après), l’ancien ambassadeur, sous forme d’imago, une espèce de puce mémorielle qui permet de créer des lignées de souvenirs entre les individus. Sauf que deux problèmes se posent (sinon ça serait pas drôle) : un, la puce mémorielle ne fonctionne pas correctement, et deux, Yskandr a été assassiné. Mahit essaye donc de survivre dans un monde remplie d’intrigues politiques ET de retrouver l’assassin (histoire de pas finir comme l’ancien ambassadeur).

« La Cité se soulève
Forte de mille points stellaires
Libérés, nous parlerons de visions non-éclipsées
Je suis une lance dans les mains du soleil »

Déjà, j’ai beaucoup aimé le personnage de Mahit. Pour une fois que l’héroïne n’est pas une gourde qui comprend rien à ce qu’il se passe, ça fait du bien. Elle parle la langue de l’empire, connaît les codes et elle sait a peu près se débrouiller. Les autres personnages sont également sympathiques même s’ils sont bien moins développés.

Bon, là je vais ouvrir une parenthèse sur les noms. La première fois que j’ai vu le nom de l’empire (Teixcalaan pour ceux qui ne suivent pas) j’ai tout de suite pensé à une consonance aztèque (parce que ça ressemble à Tenochtitlan certainement) mais vu que l’auteure est spécialiste d’histoire arménienne et byzantine, je suppose que l’inspiration vient plutôt de là. EDIT : après recherches, il semble bien que l’auteure se soit plutôt inspirée des Aztèques. Outre les noms étranges des lieux, il y a aussi les noms des personnages natifs de l’empire. Leur prénom se compose d’un chiffre (un, trois, dix, quarante-cinq comme vous voulez) et leur nom d’une fleur ou d’une chose inanimée (posidonie, azalée, moteur [oui il existe quelqu’un qui s’appelle Quinze Moteur]). Alors sur le principe, c’est un peu cool quand même, mais en pratique, on croise des noms qui m’ont fait beaucoup rire. Donc, au détour de votre lecture, vous pourrez croiser des Cinq Portique, ou des Trois Lampe ou des Six Hélicoptère. On s’habitue assez vite, mais c’est vrai qu’au début, il fallait que je me souvienne que c’était des noms. Tant qu’on parle des noms et de la langue de l’empire, j’attire aussi l’attention sur le travail fait sur la langue parlée dans l’empire, qui est apparemment une langue pleine de double sens, et parfaite pour faire de la poésie (il y a quelques exemples dans le livre) et je trouve le principe (et les poésies) vraiment sympathique.

Même si les noms sont étranges (en même temps c’est original), l’histoire est pas mal, même si peu originale. Une bonne petite intrigue politique comme on les aime, même si on se doute assez vite de quelques éléments, le livre se lit tout seul. J’ai hâte d’avoir la suite, surtout qu’on nous tease tout le long la menace alien et j’ai bien envie de voir comment tout ça va tourner.

« La poésie s’adresse aux désespérés, et aux gens ayant assez vécu pour avoir quelque chose à dire. »

Bon, maintenant qu’on a vu les points positifs, il est temps de s’attaquer aux défauts. Je regrette de ne pas avoir plus d’informations que cela sur l’empire (ce que sont exactement les Ensoleillés par exemple, ou comment la cité fonctionne précisément) puisque malgré l’aspect « empire » on reste concentré sur une seule ville (et encore plus sur une seule partie de ladite ville)
Ensuite, je trouve que le thème de la mémoire et de l’identité n’est pas assez développé. Le principe de la machine imago et le débat sur l’éthique/la morale d’une telle pratique est intelligente, mais assez peu poussée. C’est-à-dire que, à part Mahit qui regrette que Yskandr ne soit pas là toutes les cinq pages, l’imago n’est pas mis en avant. SPOILER, même l’empereur, qui voulait utiliser la machine imago « secrète » de la station de Lsel renonce bien vite je trouve. Si jamais j’étais l’empereur d’une grande partie de l’espace et que je voulais vivre éternellement, j’aurais déjà annexé la station qui a la technologie qui m’intéresse (surtout que l’empereur est vieux, alors il a plus trop le temps).
Finalement, il y a quelques longueurs dans le livre, mais bon, rien de bien gênant.

« Le calme et la patience créent la sécurité
Que le Joyau du Monde maintient lui-même.
Les fleurs arrachées meurent dans les mains non
[qualifiées
Et les jardiniers pernicieux s’épanouissent
S’exclamant devant les mérites des bassins
[improductifs. »

En conclusion : ♥♥♥ Ayant lu assez peu de SF et surtout aucun récemment, je n’ai pas de référent auquel comparer ce livre-ci (mon dernier roman SF remontant à Red Rising, que j’ai énormément apprécié). C’est donc difficile pour moi de situer ce livre dans les tendances actuelles de la littérature SF.
Bref, ce livre est sympathique, agréable à lire et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre Mahit dans ses pérégrinations à travers la Cité. Il est dommage de ne pas pouvoir exploiter plus ces questionnements sur la mémoire et l’identité et de se contenter de seulement découvrir la Cité sur tout l’univers que nous promet l’auteure.
Sur ce, je retourne finir les tomes de la Roue du Temps….

Par Claire


2 réflexions sur “Un souvenir nommé empire par Arkady Martine

  1. Hey! Merci pour ce nouveau titre à enregistrer dans ma PAL, je n’en avais pas entendu parler et il a l’air vraiment cool. Moi aussi j’ai adoré Red Rising 😉

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