Les saisons de la tempête de Elle Cosimano

The Police – Every Breath You Take

Les Saisons de la tempête | Livraddict

La Saison de la tempête est le premier livre d’une série écrite par Elle Cosimano, et publié aux éditions De Saxus. Il comporte 508 pages.

Devenus des incarnations physiques des saisons, ils doivent s’entretuer pour survivre. Que se passera-t-il s’ils s’unissent ? Lors d’une froide et longue nuit, Jack Sommers a été confronté à un choix : vivre pour toujours selon les anciennes règles magiques de Gaïa, ou mourir. Jack a choisi de vivre, et en échange, il est devenu un Hiver -une incarnation physique de la saison sur Terre. Chaque année, il doit chasser la saison qui le précède.

L’Eté tue le Printemps. L’Automne tue l’Eté. L’Hiver tue l’Automne. Et le Printemps tue l’Hiver. Le tout est régi par un macabre classement qui donne droit à des promotions ou à une Annihilation totale. Mais contre toute attente, Jack tombe amoureux de Fleur, la Printemps chargée de l’éliminer. Pour être ensemble, ils vont devoir s’échapper du terrible cycle meurtrier dans lequel ils sont prisonniers.

Mais leur créateur ne les laissera pas partir si facilement… Un récit fascinant sur l’amour, la mort et l’amitié.

* *
*

« C’est un truc de dingue.

Jack tue Amber. Je tue Jack. Julio me tue. Amber tue Julio. Voilà comment le jeu fonctionne. Voilà comment le monde fonctionne. Jack est fou de fuir Gaïa, ou Chronos, ou tout ça. C’est dingue de penser que les règles ne s’appliquent pas à nous tous.

N’est-ce pas ? »

Bon. Je dois vous avouer que de moi-même, je n’aurais sûrement jamais acheté (ni lu) ce livre. Mais voilà, il était seul, sur la table du salon, suppliant d’être lu. La couverture était trop belle, et le résumé intéressant…. Enfin jusqu’à la moitié, quand le mot « amoureux » est apparu.
Je me suis dit « Claire, pourquoi tant de haine envers les histoires d’amour et les romances ? » et j’ai décidé de sortir de ma zone habituelle de lecture, et je me suis laissée tenter par ce livre (Ah et aussi parce que c’était le milieu du mois d’août et que je n’avais plus rien d’autre à lire). Et j’aimerais tellement pouvoir vous dire qu’il a révolutionné ma façon de voir les romances et qu’il a déclenché en moi l’irrésistible envie de dévorer toutes les plus grandes histoires d’amour de la littérature : Roméo et Juliette, le duc de Nemours et la Princesse de Clèves, Edward et Bella,… Mais non. Malgré le fait que l’histoire d’amour soit au centre de l’intrigue, et non pas une sous-intrigue comme habituellement rien n’a changé : pire, c’était même encore plus fastidieux pour moi de lire, tant j’avais envie de foutre des gifles aux personnages principaux. Parce que quand la romance est dans le résumé, elle est forcément explorée dans le livre, et on a le droit à tous les états d’âme dont je me fous complètement entre deux maigres scènes d’action.

Reprenons dans l’ordre. Nous suivons donc l’histoire d’un adolescent, qui, en mourant seul dans le froid, se voit proposer un choix : devenir un Hiver ou mourir. La perceptive de la mort étant assez peu réjouissante, il accepte la première proposition de Gaïa. Les premiers chapitres nous introduisent dans son monde assez particulier : la chasse entre les Saisons, puis la vie le reste du temps dans une espèce d’institut souterrain. On rencontre également Fleur, le second personnage principal (et dont on a le point de vue) de l’histoire. Là, pas de surprise, les deux ados sont amoureux (là pour le coup c’est écrit dans le résumé). Sauf que Fleur n’est pas très efficace, et donc elle risque l’Annihilation totale prochainement (et comme son nom l’indique, c’est pas une destination de vacances insolite). Jack (c’est le nom de l’Hiver) est pas content. Il cherche un moyen de la sauver, et il finit par comprendre que si quatre Saisons différentes sont ensemble, ils pourraient potentiellement survivre hors de l’institut, et donc sans suivre les règles. Alors il convainc les deux autres Saisons, Julio et Amber de venir avec Fleur et lui.

Avec ce simple paragraphe, j’ai résumé au moins les 200 premières pages du livre. Le début est long. Mais vraiment long. Après, ça a au moins le mérite de bien poser le décor et les mécanismes derrière l’univers.

S’en suit une interminable course poursuite entre les quatre Saisons en fuite et les autres, chargés par Chronos de les rattraper, et qui finit par se rendre compte qu’il patauge dans l’imbécilité et donc il va lui-même s’occuper des fugitifs (chose qu’il aurait pu faire dès le début par ailleurs). Mais voilà, quand on est un méchant dans un livre jeunesse on finit forcément mal. Donc tout est bien qui finit bien, et personne ne meurt (enfin presque). Même la superviseure extrêmement malade de Fleur survit miraculeusement. Pour faire court les superviseurs aident les Saisons à survivre dans un fonctionnement « normal ». On s’en fout un peu car ils disparaissent peu après le début de la fuite et ils réapparaissent par miracle à la fin.

« Il est plus facile de blesser quelqu’un lorsque vous ne vous arrêtez pas pour lui demander ce qu’il ressent ou ce qu’il veut. Il est plus facile d’arrêter le cœur de quelqu’un si vous ne vous souciez jamais de ce qui bat à l’intérieur. »

J’avais vraiment envie de croire en ce livre. Sincèrement, j’ai lu jusqu’au bout en essayant de mettre de côté ma méfiance naturelle envers tous les livres jeunesse comportement le mot « amour » dans le résumé. Et pour être honnête, y’a plusieurs points positifs à ce livre.

Déjà, le principe est original et super cool. Des Saisons qui s’entretuent pour perpétuer le cycle de la nature, chacun disposant de ses propres pouvoirs, bien que trop peu exploités. L’intrigue, bien qu’assez classique, est efficace : des jeunes qui commencent par s’enfuir pour survivre, et qui finissent par mener une révolution contre un tyran. Certains personnages sont également sympathiques (bon pas les personnages principaux, mais j’y reviendrais), notamment Julio et Amber, respectivement l’Eté et l’Automne. Amber est une jeune femme forte, indépendante, capable de se battre et ayant sa propre personnalité. Julio est la preuve qu’on peut être ami avec un membre du sexe opposé dans un livre jeunesse sans pour autant être amoureux. Plus étonnant encore, j’ai vraiment apprécié leur couple. Au milieu de ma lecture, j’ai vraiment pensé qu’ils étaient mignons ensemble. Alors pourquoi je préfère ce couple plutôt que celui vendu dans le résumé ? Je n’ai pas de réponse très claire à cette question : je pense que c’est dû en grande partie au fait qu’on n’ait pas leur point de vue, et donc qu’on n’ait pas leurs états d’âme mièvres et niais, comme c’est le cas dans 90 % des livres jeunesse comportant une romance entre adolescents.

Il y a deux points négatifs pour moi. Premièrement, le rythme. Le livre est très long à commencer, et une fois l’action lancée, ce n’est qu’une interminable fuite sans grand intérêt. J’ai, en revanche, apprécié la fin et la confrontation avec Chronos, même si le combat entre les deux était d’une banalité terrifiante. Ce qui me fait d’ailleurs poser la question sur le deuxième tome de la série : le premier livre se suffit pour moi à lui seul.

Deuxièmement, cette foutue romance entre Jack et Fleur, et ce que cette histoire d’amour fait des personnages. J’aimais bien Fleur au début de l’histoire. Certes elle avait des remords à tuer Jack, et elle ne cherchait pas à fuir Julio. Elle était à la fois fragile, parce qu’elle ressentait de l’affection pour Jack et de l’amitié pour Julio, et qu’elle souffrait à chaque fois. Mais elle était aussi forte, notamment lors de son interrogatoire et de la première scène de bataille entre les fugitifs et le reste des Saisons. Mais, au fil de la lecture, j’ai eu l’impression qu’elle devenait de plus en plus la demoiselle en détresse incapable de se défendre et qui devait compter non stop sur Jack (alors qu’elle est plus puissante que lui par ailleurs).
Pour Jack… Imaginez un ado de 16 ans qui est amoureux pour la première fois et qui se pose en victime toutes les 5 minutes tout en pensant que la personne qu’il aime est l’amour de sa vie alors qu’il n’a connu rien d’autre de semblable. Bon j’exagère un peu, je conçois très bien la possibilité de rencontrer l’amour de sa vie du premier coup, mais là ce sont ses réflexions qui m’ont particulièrement agacées.
En fait, je n’ai pas ressenti d’alchimie entre les deux personnages. Si on m’avait demandé qui était avec qui dans ce livre, je n’aurais probablement pas mis ses deux personnages ensemble. Sans compter le fait que leur relation n’évolue pas d’un poil dans tout le roman.
Bref, je déteste les histoires d’amour dans les romans jeunesse.

« Parce que je laisse parfois Jack courir, juste pour que je puisse passer quelques jours de plus à le poursuivre, et Chronos n’accorde pas de points pour la compassion. Ses règles ne tolèrent pas l’amour. L’ensemble de système prend ses racines à l’opposé. Dans la peur et l’animosité. La seule façon de survivre est de tuer Jack, mais je ne veux plus le faire.

Je ne l’ai jamais voulu. »

En conclusion : ♥♥♥ Je suis convaincue que si la romance avait été écrite différemment, j’aurais pu apprécié davantage ce livre. Parce que le principe est cool, malgré certaines incohérences mythologiques qui m’ont donné envie de crier (Chronos est le fils d’Ouranos et Gaïa, et pas l’inverse….). Parce que les personnages secondaires (oui même CERTAINS superviseurs) ont une petit étincelle qui fait qu’on a envie de les suivre, une personnalité, qu’ils existent en dehors de la romance principale. Parce que le road trip des fugitifs qui se termine en révolte complète contre une autorité tyrannique et cruelle est très souvent le terreau idéal pour une aventure épique. Mais voilà, les deux personnages principaux sont ennuyeux à suivre, et leur romance est plate.

Néanmoins, je n’abandonne pas mon rêve d’un jour lire un livre dans lequel la romance est le cœur de l’histoire, et dont je prendrais réellement plaisir à lire. Ma quête ne fait que commencer…

Par Claire.


4 réflexions sur “Les saisons de la tempête de Elle Cosimano

    1. Ce livre aura au moins eu le mérite de me faire poser la question sur pourquoi je déteste lire des « romances ». De ce que j’ai pu voir, les avis sont assez divisés sur ce livre, et dans mon cas, je dois avouer que j’avais pas mal d’apriori négatifs avant même de commencer ma lecture.

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