Culture & Manga #6

Bonjour tout le monde ! Il était temps que je revienne vers ce format d’article un peu particulier pour vous parler de dramas chinois ! J’avais déjà fait un Culture & Manga sur un drama coréen, il n’est que justice que j’en fasse sur un drama chinois. Et quel drama ! Je vais vous parler de The Long Ballad (ou Chang Ge Xing / 长歌行), un drama adapté du mahua La Princesse Vagabonde (Chang Ge Xing / 長歌行) dont on peut d’ailleurs trouver les neuf premiers tomes en français aux éditions Urban China. Mais ce n’est pas l’objet principal de notre chronique ! ll faut que je vous précise tout de suite que The Long Ballad est certainement un de mes dramas préférés d’où le peu d’objectivité de la chroique qui va suivre.

Petit Rappel : Mélangez bien quelques points forts d’un manga / animé / webtoon / drama que vous présentez, ajoutez quelques images pour décorer et saupoudrez le tout de quelques anecdotes culturelles et/ou historiques : vous obtenez ainsi la recette de ce petit rendez-vous, Culture & Manga ! Sans prétendre être une cheffe étoilée, je vous propose une petite douceur à déguster sans modération de temps en temps ! 🙂

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Le caste de The Long Ballad est plus du genre costaud (et pour les connaisseurs, vous comprendrez bien assez vite) : Li Chang Ge est interprétée par Dilraba Dilmurat, une actrice ouïghour très populaire en Chine ; Ashile Sun par Leo Wu ; et ils sont accompagnés par Zhao Lu Si dans le rôle de Li Le Yan, la cousine de Changge, par Liu Yu Ning dans le rôle de Hao Du, garde du corps et nettoyeur de problèmes à ses heures perdues, et Alen Fang qui joue Wei Shu Yu, l’amie d’enfance de Chang Ge et Le Yan et à mes yeux, le personnage le plus inutile de l’histoire mais je ne suis pas objective, je ne l’aime vraiment pas. Mais toujours est-il que l’alchimie entre tout ce petit monde est excellente, surtout entre nos deux protagonistes.

Le reste des personnages n’est pas en reste mais il y en a trop pour que je les cite tous : c’est un caractéristique des dramas chinois que je regarde – les period c’est à dire des dramas historiques pour faire simple. Tous ne reprennent pas ou ne s’inspirent pas de faits historiques réels attention (bon là c’est le cas), certains reprennent seulement les décors de la période choisie. Les period se déclinent en plusieurs sous-genres dont je vous épargne la liste (peut-être dans un article pour décrypter les différents types de dramas ?) et il y a quasiment tout le temps une romance voire plusieurs (on n’oublie pas le happy ending des personnages secondaires ici). L’avantage des period réside évidemment dans les costumes et les décors – plus les costumes que les décors d’ailleurs. Certains personnages ont été plus gatés que d’autres et pour avoir vu Dilireba (aka Dilraba Dilmurat) dans d’autres period, elle aurait pu être encore plus belle. Mais bon, elle incarne si bien Li Changge que je pardonne tout !

Avec The Long Ballad, on suit donc Li Changge, la fille du prince héritier. Belle, intelligente et douée en arts martiaux comme en stratégie, elle fait la fierté de son oncle – le deuxième prince – qui l’a élevé. Elle est d’ailleurs très proche de sa cousine, Le Yan. Sauf que suite à des intrigues de palais, Li Shi Min, l’oncle de Changge, tue son frère et massacre toute sa famille pour prendre la place de prince héritier, ne laissant que Changge vivante qui jure alors de se venger et de restaurer la gloire de son père. Elle s’enfuit de la capitale et après plusieurs péripéties, se retrouve à défendre la ville de Shuozhou contre la tribu Ashile contre qui l’empire des Tang est en guerre. Elle se retrouve prise en otage par un des généraux de la tribu Ashile, Ashile Sun qui lui propose de travailler pour lui en tant que conseiller militaire …

Je m’arrête là pour ce résumé assez grossier qui couvre grossièrement l’intrigue des quinze premiers épisodes sur quarante-neuf (ils font environ 45 minutes chacun). J’ai essayé de rendre le plus possible justice à l’intrigue mais ce n’est pas simple. Les intrigues des dramas chinois sont souvent lentes à se développer, si bien que rester sur les évènements des trois premiers épisodes ne sert pas à grand chose. Ces longueurs sont d’ailleurs un reproche fréquent fait aux intrigues des dramas. Ici, ce n’est pas le cas. L’histoire de Changge est rythmé, sans temps mort. On suit également la princesse Le Yan et d’autres personnages que j’ai plus ou moins apprécié (Wei Shu Yu ….) mais ils apportent tous quelque chose à l’histoire un moment ou un autre.

Ce qui est véritablement intéressant avec ce drama, c’est l’évolution des personnages, en particulier Changge et Le Yan chez qui, c’est très flagrant. Ils vont être confrontés à des choix qui vont remettre en cause leurs préjugés, leurs croyances ou leurs valeurs et vont agir en fonction. Finalement si je devais synthétiser, je dirais qu’on les voit un peu grandir (dans le manhua, ils sont censés avoir moins de 20 ans …). Je tiens aussi à souligner le côté épique du drama qui prend parfois vraiment aux tripes. Les dramas chinois donnent souvent dans l’épique mais je trouve parfois cela trop forcé ou caricatural. Quand vous regardez un period et particulièrement un wuxia – un drama qui se passe dans le monde des arts martiaux – attendez-vous à voir des mecs volés en combattant, marcher dans les airs de manière très théatrâle et à en faire un peu des tonnes dans les confrontations … Finalement vous finissez plus par rire que par être pris dans l’action. The Long Ballad parvient heureusement à éviter cet écueil (même si un drama avec des mecs qui volent peut aussi être un bon drama …) et certaines scènes sont vraiment héroïques, comme par exemple la confrontation pour la ville de Shuozhou !

Bon, le moment est venu pour le paragraphe de la fangirl. Mes deux personnages préférés sont évidemment Changge et Sun. D’abord parce que ils sont véritablement complémentaires et adorables ensemble et ensuite parce que ce sont deux personnages très intéressants. Il n’est pas seulement dit que Li Changge est intelligente et douée en stratégie, c’est montré – et c’est terriblement important parce que un personnage féminin dit fort mais qui passe le drama à se faire sauver par le protagoniste masculin, ça fait mal en crédibilité. Il n’y a pas tant de dramas avec un personnage féminin comme Li Changge et j’avoue que je suis un peu tombée amoureuse du personnage. Ashile Sun correspond un peu plus aux « standarts de protagoniste masculin » mais en même temps, j’ai beaucoup aimé son admiration et son respect pour Changge qui le poussent à la soutenir et la suivre dans ce qu’elle entreprend.

Maintenant que la fangirl est sortie, je vais parler des quelques défauts du drama – qui en vérité sont plutôt des défauts que vous pourriez retrouver dans n’importe quel drama. Tout d’abord, sachez que ce n’est pas très bien filmé et que les dramas – en tout cas les period – le sont rarement. J’aimerais dire que c’est culturel mais c’est parfois un peu trop rageant en tant que spectateur d’avoir l’impressionant d’être du mauvais côté de la pièce pour voir l’épisode … Je n’en dirai pas trop plus, je ne suis pas spécialiste en montage de films. Ensuite, à la fois pour faire honneur au manhua (et pour économiser du budget), la production a choisi d’insérer des images du manhua, notamment pour les scènes de combat. Le résultat est assez ridicule et ça me fait mal de dire ça mais ils ont combiné les images de combat avec parfois l’acteur dans l’image qui joue son personnage … Je n’ai pas aimé. Certaines insertions étaient bien faites, notamment celle de la toute fin qui est réussie mais d’autres rendent le tout un peu ridicule.

Enfin, la romance ou plutôt les scènes type bisous, calins …. vous avez compris. Je ne suis pas spécialiste de culture chinoise et je ne connais pas non plus les règles de censure en Chine hors sujets politiques donc ce seront plutôt des constats. Les dramas que j’ai pu voir montrent globalement les bisous et les calins mais cela ne va pas plus loin et surtout, tout le monde reste habillé. Il y a donc des passages un peu idiots où le mari borde sa femme endormie dans ses habits de la journée qui sont certes magnifiques mais très inconfortables pour dormir. Passons. Dans The Long Ballad, je ne sais pas si c’était un choix des acteurs ou de la production, mais les bisous, c’est niet. Heureusement que l’alchimie entre les personnages étaient là et en béton sinon on aurait eu de mal à y croire … La seule scène de baiser entre Changge et Sun, ils sont flous, en arrière plan et le spectateur a droit à deux sales piafs qui se font des calins pour consolation. Oui, j’ai hurlé devant mon écran de frustration … Il s’agit plus d’un regret que d’un défaut mais j’aurais aimé en voir plus sur leur couple. Cela m’a moins dérangé sur les autres couples – je les ai moins aimés – mais cela reste une frustration.

Je vais donc finir cette chronique sur un point positif – il s’agit tout de même de mon drama préféré nom de nom ! – la musique. Les OST sont magnifiques et le générique, The Direction of Light de Diamond a rejoint ma playlist de chansons qui tournent en boucle toute la journée. Je vous laisse le lien youtube vers la playlist complète des OST du drama pour les curieux ici.

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La culture maintenant ! Parce que oui, vous pouvez élargir votre culture générale en regardant des dramas ahah ! Une petite mise en contexte s’impose : comme je l’ai dit plus haut, les period reprennent pour décor une période historique chinoise voire pour certains, s’inspirent d’évènements historiques s’étant réellement passés. Le filigrane historique si je peux dire, de The Long Ballad, c’est la fondation de la dysnatie Tang à partir de 618 en Chine.

La dynastie Tang a été fondée par la famille Li (Li Changge) après qu’ils aient pris le pouvoir à la dynastie des Sui. L’homme et donc le premier empereur de cette dynastie est Tang Gaozu, de son nom de naissance Li Yuan. Quel lien avec le drama ? Et bien, Tang Gaozu avait plusieurs fils qui l’ont aidé à fonder sa dynastie et qui étaient destinés à prendre sa succession dont deux qui nous intéressent particulièrement : Li Jian Cheng et Li Shi Min ! Li Jian Cheng est le père de Li Changge dans le drama et Li Shi Min, son oncle donc Tang Gaozu est son grand-père.

Certains évènements racontés dans le drama se sont bels et bien produits même si le personnage de Changge reste lui, fictif : Li Shin Min a bien fait massacré son frère et sa famille pour prendre la place de prince héritier lors d’un évènement connu aujourd’hui sous le nom du Coup de la porte Xuanwu, en 626. Li Shin Min forcera son père abdiquer quelques années plus tard devenant ainsi empereur sous le nom de Tang Taizong et est actuellement considéré comme un des empereurs les plus importants dans l’histoire de Chine. De la même manière, ses ministres comme Du Ru Hui, le père adoptif de Hao Du, ou encore le général Li Jin, sont eux aussi des personnages réels, connus pour leur contribution à la fondation et à la consolidation de l’empire des Tang. Une des critiques du drama était justement de montrer ces personnages historiques très respectés en proie aux intrigues de cours et avec un passif pas si blanc que cela …

Du côté de la tribu Ashile, à l’époque le tout nouvel empire Tang était effectivement en guerre avec les Turcs orientaux. Le Khan de la tribu serait donc Yanli Qaghan et la princesse Yicheng de la dynastie Sui a également existé et envoyé pour se marier dans les prairies pour tenter d’arrêter la guerre entre l’empire et les Turcs. Je pourrais continuer la liste pendant un certain temps – j’ai même été surprise finalement du nombre de personnages non-fictifs dirons-nous.

De manière générale, les dramas historiques chinois sont intéressants pour la culture et l’histoire chinoise qui sont toujours plus ou moins présentes : par exemple, les valeurs comme la piété filiale et la revanche qui l’accompagne mais en même temps la loyauté aussi envers la dynastie, le pays et envers les gens. Le personnage de Li Changge est notamment une belle représentation de tout ça. Les coutumes correspondent aussi à la période du drama (on ne s’habille pas pareil sous la dynastie Tang que sous la dynastie Ming) ainsi que l’organisation de la cour ou les religions. Je ne garantis une précision historique parfaite (moi même, je ne m’y connais pas tellement) mais c’est un début et une manière de se donner envie d’en apprendre plus si vous souhaitez découvrir la Chine !

Par Sophie.


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