Les mystères de Larispem : le sang jamais n’oublie par Lucie Pierrat-Pajot

Jonathan young – The road to el dorado theme

Le sang jamais n’oublie est le premier tome de la saga fantasy Les mystères de Larispem écrite par Lucie Pierrat-Pajot aux éditions Gallimard Jeunesse. Il comporte 257 pages.

Larispem, 1899. Dans cette cité-Etat indépendante où les bouchers forment la caste la plus forte d’un régime populiste, trois destins se croisent… Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution ?

Maraudes, sabotage d’automates, livre indéchiffrable : au fil des ruelles de Paris se dessine un monde rétro futuriste captivant.

****

Petit remerciement à Nina qui m’a montré ce livre un jour à la Fnac, ainsi que des dizaines d’autres et que j’ai fini par acheter conquise par son résumé. En plus, ce livre est le gagnant de la seconde édition du concours du premier roman jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL. La toute première édition a été remportée par Christelle Dabos et son premier roman de la tétralogie La passe miroir : Les fiancés de l’hiver. Ce dernier étant tout simplement génial, j’attendais donc beaucoup de livre. J’en ressort plutôt satisfaite.

« J’ai toujours pensé que savoir reconnaître la chance quand elle passe, et la saisir au vol, est un signe d’intelligence très fiable.

Michelle Lacien »

J’ai eu du mal à classer ce livre : le steampunk étant spécifiquement relié à l’époque victorienne, la fantasy étant un peu plus moyenâgeuse, c’est une sorte de mélange étrange entre les deux. Un livre rétro futuriste d’après le résumé. Ce serait donc une uchronie (merci à Sophie pour le mot), puisque la ville serait en faite l’avenir de Paris si les Communards avaient gagné la guerre lors de la révolution de 1871. Pour ceux qui n’auraient pas suivi leurs cours d’histoire, ou pour tous ceux qui auraient oublié, vous pouvez trouver des informations ici, ou bien .

Nous suivons dons les aventures de trois jeunes aux caractères et histoires différents dans une ville en proie à des attaques d’une mystérieuse société. Une intrigue classique, avec une cité et des gens qui veulent renverser la Présidente et le gouvernement actuel. Rien de bien original, l’histoire racontée est sympathique, sans plus. Quelques rebondissements et suspenses que l’on peut deviner à l’avance, donc pas vraiment de grand mystère même si la fin intrigue et donne une envie irrésistible de lire le deuxième tome. On se laisse très facilement embarquer dans le récit et il m’a été difficile de lâcher le livre une fois que j’avais commencé ; la présentation de l’univers et des personnages n’étant pas rébarbative, comme dans certains romans, la lecture est fluide. C’est surtout la manière de parler qui peut sembler étrange ; personne ne se vouvoie, et le langage des louchébems peut paraître obscur. Heureusement, l’explication arrive assez tôt.

 » Vous pouvez toujours arracher les fleurs et les feuilles, couper la tige, jamais vous ne saurez creusez assez profond pour extirper les racines. »

Phrase prononcée par Louis d’Ombreville
le soir de sa mort.

J’ai particulièrement apprécié les petits bouts de discours des trois grands révolutionnaires du livre (soit Jacques Vilain, Michelle Lancien et Gustave Fiori) ainsi que d’autres personnages importants du roman : cela permet plus d’immersion dans l’univers bien sympathique de ce premier tome. On a quelques descriptions de la ville, quelques fonctionnements de la cité, on peut certainement attendre plus, mais les éléments déjà présents nous aide bien à visualiser cette fameuse Larispem. J’y ajoute également les dessins à la fin des chapitres ; bien faits, un peu étranges parfois, ils n’apportent rien au récit, mais ils sont sympathiques et ne coupent pas vraiment la lecture.

Quand aux trois personnages principaux, je garde un avis plus mitigée ; Carmine, l’apprentie louchébem (comprenez boucher), avec son caractère bien trempé, vif et son besoin d’action, m’a été sympathique ; tout comme Liberté, l’apprentie horlogère, moins courageuse que son amie, mais tout autant agréable à suivre. Elles forment un équilibre et le lecteur s’y retrouve plutôt bien. Pourquoi avoir un avis mitigé puisque, jusqu’ici, tout va bien ? En ce qui concerne Nathanaël, j’ai eu de grosses difficultés. Je vais essayer de ne rien spoiler. Promis. Jeune orphelin, il attend avec impatience la grande foire qui pourra le faire sortir de cet établissement. Mais il en est privé par un de ses professeurs. Voilà, je ne vais pas en dire plus. L’enchaînement des événements ensuite est plutôt logique, mais je le trouve trop effacé. J’ai juste l’impression que son personnage sert à nous dévoiler des éléments sur les Frères de Sang, en d’autres termes de réunir des informations pour le lecteur sur la secte. Hormis sa décision à la fin du livre, Nathanaël m’a semblé presque invisible par moment.

« Par ses romans, le citoyen Jules Verne nous a ouvert une fenêtre sur le futur. A nous de fabriquer la porte. »

Citation attribuée à Michelle Lancien

Les quelques personnages secondaires sont… et bien secondaires. Ils aident au récit, mais aucun ne m’a paru plus important qu’un autre, ni particulièrement sympathique. Seul un petit événement avec l’un d’entre eux a, pour moi, aidé un des personnages principaux à développer son caractère. Liberté est amoureuse de Cinabre, le frère de Carmine. Si jamais vous suivez le blog, et que vous avez déjà lu certaines de mes chroniques, vous savez que j’ai en horreur les histoires d’amour ; bien souvent dans les romans jeunesses, elles ne sont faites que de sentiments naïfs et de timides baisers une fois toutes les deux cent pages, avec, pour meubler dans les moments un peu creux, une « grande » hésitation sur le bien fondé de leur relation et du fait que l’autre est trop bien pour eux. Ça ne serait pas si dérangeant si cette pseudo intrigue amoureuse prenait le pas sur la véritable intrigue ; quelque chose comme SAUVER LE MONDE, ou plus urgent encore, SAUVER SA PEAU. Mais ici, ce début d’amourette aide grandement Liberté à s’affirmer. Elle réfléchit sérieusement, et comprend vite qu’ils ne seront jamais ensemble. Comme je suis gentille, je ne vais pas en donner les raisons ici.

Une dernière raison pour lire ce roman… Jules Verne est vivant, et il est dans ce premier tome (et celui d’après j’imagine…) On peut donc voir certaines de ses inventions et surtout, un des organisateurs d’un jeu de l’oie géant comme dans un de ses propres livres. (Le testament d’un excentrique pour ceux que ça intéresse, cliquez ici pour plus d’informations.) Et ça, c’est vraiment bien.

« C’est dans la boue des événements les plus dramatiques que se trouvent les graines fertiles de l’amélioration de la société et du monde. »

Jacques Vilain, parlant de la Commune en 1871

En conclusion : ♥♥♥♥ Un livre sympathique, à la lecture fluide, un univers bien à lui, avec des choses bonnes, et forcément moins bonnes, mais qui reste agréable. Des personnages plutôt bien travaillés, même si j’ai eu quelques difficultés avec certains. Si jamais vous chercher un livre de fantasy que vous pourrez lire sans vous prendre la tête (Ah la Roue du temps, quel bonheur !) je vous conseille celui-ci. (ou celui de Christelle Dabos ; trois tomes sont déjà sortis et ils sont tous biens.).

Par Claire


5 réflexions sur “Les mystères de Larispem : le sang jamais n’oublie par Lucie Pierrat-Pajot

  1. Je suis aussi en train de lire ce livre. Pour l’instant, je l’aime bien. Je l’ai choisi car évidemment c’est qu’il a gagné le même concours que l’auteure de la Passe-miroir ! 😍

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    1. C’est un bon livre mais pas au niveau de la Passe-Miroir ; cela dit j’ai également fini le tome 2 et je le trouve moins réussi (moins de suspense, et le résumé est un peu mal fait selon moi) mais peut-être que le dernier tome (si je ne dis pas de bêtise, c’est une trilogie) est d’une profondeur inattendue. C’est tout de même un série sympa.
      Claire.

      Aimé par 1 personne

  2. Quand j’aurais fini de dévorer la saga Passe-miroir (je ralentis pour pas être sur le tome 3 tout de suite, sinon le manque va être dur), ça pourrait être ma prochaine lecture du genre je pense. Ca me donne envie en tout cas, et la couverture est vraiment très jolie…

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