Culture & Manga #3

Bienvenue à tous dans le deuxième rendez-vous du mois ! On vous avait promis de jolies surprises depuis septembre et aujourd’hui je vous parle d’un format de série dont nous n’avions jamais parlé avant sur le blog : les drama coréens. J’ai commencé il y a peu ce type de séries au format long (en moyenne une heure par épisode mais avec souvent une seule saison d’un peu d’une vingtaine d’épisodes) et j’ai été surprise d’aussi bien accrocher (ça change du format de 20 minutes d’un animé). Dans cet article, je vous parle d’un drama coup de coeur en particulier : A Korean Odyssey des soeurs Hong avec Lee Seung-gi, Cha Seung-won, Oh Yeon-seo dans les rôles principaux.

Petit Rappel : Mélangez bien quelques points forts d’un manga / animé / webtoon / drama que vous présentez, ajoutez quelques images pour décorer et saupoudrez le tout de quelques anecdotes culturelles et/ou historiques : vous obtenez ainsi la recette de ce petit rendez-vous, Culture & Manga ! Sans prétendre être une cheffe étoilée, je vous propose une petite douceur tous les mois à déguster sans modération ! 🙂

Hwayugi | Rakuten Viki

Jin Seon Mi est une PDG de l’immobilier qui a le pouvoir d’exorciser des démons vivants dans les biens immobiliers hantés. Elle est aussi connue sous le nom de Sam Jang à cause de son odeur irrésistible de fleur de lotus et du grand pouvoir qu’elle procure lorsqu’elle est dévorée par un démon.

Lorsque Seon Mi était petite, elle a été piégée par Son Oh Gong, un dieu mineur, puissant et vif d’esprit, mais aussi de nature colérique et espiègle.
Ce dernier, étant emprisonné dans un château, lui propose sa protection à chaque fois qu’elle prononcera son nom et ce en échange de sa liberté. Mais Oh Gong ne respecte pas son contrat et efface son nom de l’esprit de Seon Mi.

De nos jours, Oh Gong vit aux crochets de Wu Hwi Cheol, un PDG d’une agence de divertissement qui essaye d’obtenir une promotion de rang de Dieu.
Il est aussi à la recherche de Sam Jang afin de pouvoir la manger et devenir le plus puissant des dieux. Cependant, il découvre que Sam Jang n’est d’autre que Jin Seon Mi et se verra dans l’obligation de la protéger des autres démons pour la garder pour lui-même…

***

Comme beaucoup de dramas coréens que j’ai pu regarder, A Korean Odyssey est à mon sens porté par ses personnages, notamment le trio Son Oh Gong, Jin Seon Mi et Woo Hwi-Chul dont les interactions sont aussi drôles que passionnantes à suivre. Les personnages sont attachants et très bien joués, y compris les personnages secondaires qui ne sont pas en reste. Ils sont tous bien développés et avec un rôle précis (pas uniquement le support comique). J’ai apprécié également l’évolution que ce soit dans leurs relations respectives ou tout simplement dans le caractère du personnage.

A Korean Odyssey | Site officiel de Netflix

L’intrigue n’est pour autant pas baclée. La façon dont sont produits et réalisés les dramas coréens, leur nombre d’épisodes ainsi que la longueur des épisodes peut parfois donner de gros décalages dans les intrigues avec beaucoup d’actions au départ, plus rien au milieu puis un énorme final… ou encore des dramas très longs à démarrer aussi (on conseille parfois de regarder les dramas jusqu’à l’épisode 6 avant de décider de l’abandonner pour vraiment savoir ce qu’il vaut). Derrière les retrouvailles entre Jin Seon-Mi et Son Oh-Gong s’enchainent de petites histoires qui vont progressivement former un fil rouge dont on est prévenu dès le départ : le destin de Jin Seon-Mi est « écrit à l’avance ». En parallèle, on voit la relation entre les personnages et en particulier entre Son Oh Gong et Jin Seon Mi évoluer (ma vie pour ce couple).

7 A Korean Odyssey – 화유기 ideas | lee seung gi, son oh gong, korean drama

Je suis aussi obligée de le préciser, j’ai beaucoup ri devant cette série qui mêle très bien moments humoristiques et moments d’émotion. Ça a complètement fonctionné pour moi, je suis très vite devenue accro et l’humour y était pour beaucoup, sans compter les multiples situations inattendues qui m’ont prise par surprise et ravie en même temps. Cela participe aussi à son charme et au charme des personnages de manière générale !

Un dernier point bonus pour la BO : après avoir écouté des groupes japonais, je découvre les groupes coréens. J’ai beaucoup aimé la BO de cette série – la musique, ça ne rate jamais pour que je sois immergée dans l’univers et dans le moment. Quelques unes en particulier ont retenu mon attention et je les réécoute avec plaisir !

***

Le point culture de ce mois-ci sera très bref 🙂 Je souhaite vous parler d’un roman qui a marqué plusieurs pays et dont s’inspire la série que je vous ai présenté : La Pérégrination vers l’Ouest. Il est connu en France sous le titre de « Voyage en Occident » ou encore « Le Roi-Singe ».
La Pérégrination vers l’Ouest est un roman chinois qui aurait été écrit par Wu Cheng En. Un peu comme l’Iliade et l’Odyssée n’aurait peut-être pas été écrite par Homère, les spécialistes ne sont pas sûrs que Wu Cheng En soit réellement l’auteur du roman. 
Ce roman est connu de longue date au Japon sous le nom de Saiyūki et au Viêt Nam sous le nom de Tây Du Ký.

Toujours est-il que nous y suivons le moine bouddhiste Xuan Zang (j’ai également trouvé le nom de Sanzang), également appelé Tang San Zang (cette appellation là étant un titre bouddhiste particulier), qui a décidé de partir en Inde récupérer des écrits d’un courant religieux particulier pour les ramener en Chine et pouvoir les traduire en chinois. Le récit date de l’époque Ming (environ XVIè siècle) mais s’inspirerait d’une histoire vraie du VIIè siècle (602-664) – le moine Xuan Zang et son disciple auraient d’ailleurs laissé plusieurs écrits à propos de cette expédition. 

Durant son périple, le moine croise de nombreux yaoguai (appelés yogwi en coréen ou yokai en japonais) – en Occident, on traduit ces termes fréquemment par démons ou monstres – ainsi que d’autres divinités. Il se fait plusieurs fois attaquer car on dit en effet que sa chair donnerait 10 000 années de vie à celui qui la mangerait. Il est protégé dans sa quête par Sun Wu Kong, le Roi Singe dont l’histoire nous est racontée dans la première partie du roman. C’est lui en vérité le véritable protagoniste de l’histoire, doté de multiples pouvoirs et d’yeux qui voient la vérité. Sun Wu Kong et Sam Jiang sont accompagnés par deux autres yaoguai, un des fils du roi-dragon et un cochon, jusqu’en Inde. 

Ces quatre personnages fantastiques ont pour mission de protéger le moine : cette mission doit permettre à Sūn Wù Kōng de s’assagir et de réaliser son potentiel, et pour les deux autres d’effacer les conséquences de leurs erreurs passées qui les ont transformés en yaoguai. Cette mission leur permettra de racheter leurs fautes passées et d’être pardonnés par le Ciel.

A Korean Odyssey revisite de façon moderne cette légende avec Jin Seon-Mi en nouvelle Samjang (le nom du moine en coréen) et Song Oh Gong (Sun Wu Kong) devient son protecteur. Woo Hwi-Chul s’inspire également un des monstres que le moine et le roi singe ont croisé dans la Pérégrination vers l’Ouest, comme presque tous les personnages de la série.

Je vous disais plus haut que Sun Wu Kong était, selon l’avis de beaucoup, le véritable protagoniste du roman. C’est en effet lui dont on se souvient le plus et son personnage a marqué la culture du plusieurs pays d’Asie dont la Chine, la Corée et le Japon. On trouve de nombreux films, séries et animés qui racontent ou revisitent sa légende, ou tout simplement certains éléments rappellent le personnage. Je vous en cite quelques-uns : 

  • Dans l’animé RWBY, Sun Wukong est un homme-singe maniant un bâton-nunchaku-pistolet.
  • Dans l’animé The God of High School , le personnage principal Jin Mo-Ri est inspiré du personnage Sun Wukong. Il possède en effet certaines caractéristiques du Roi Singe (un bâton, un nuage magique, un tempérament belliqueux et espiègle…). L’intrigue générale et les différents protagonistes sont souvent des références directes au folklore de la légende de Wukong.
  • Saiyu, un des douze Zodiaques, membres du conseil à la tête de l’association des Hunters dans le manga Hunter × Hunter, est surnomé « le Singe » et possède un bâton qui peut changer de taille (ce baton est un des attributs que l’on donne à Sun Wu Kong)
  • L’expression « être comme un singe dans la paume de Buddha » qui signifie être impuissant proviendrait d’une scène de ce livre au chapitre VII du livre 2.
  • Le personnage principal du roman Histoire du Juif errant de Jean d’Ormesson, aurait été à un moment de sa vie le Roi Singe.
  • Les BF françaises, Le Roi Singe de Chaiko (Éditions Paquet) et Les Aventures du Roi Singe de Stéphane Melchior et Vincent Sorel (Gallimard BD) retraceraient également son histoire

Voilà pour cette brève présentation d’un roman très important parmi les classiques chinois ! Si vous avez plus de recommandations de films / séries / animés avec ce personnage, n’hésitez pas à les laisser en commentaire 🙂 

Par Sophie. 


Une réflexion sur “Culture & Manga #3

On en discute ? ;)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s