La Veuve par Fiona Barton

Shattered Blooms – No Regrets

Couverture La veuveLa Veuve est un thriller écrit par Fiona Barton et publié aux éditions Fleuve en 2017. Il comporte 410 pages.

Mari idéal ou parfait assassin ? Elle devait savoir… non ?

La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.
Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.
Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquillité, même après un acquittement.
Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus.
Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

***

Quand j’ai vu le résumé de La Veuve, je me suis dit que j’allais passer un bon moment de lecture. Vous savez, au premier abord, ce livre c’est ce genre de récit qui semble ne pas vous prendre la tête, vous détendre et ne vous torture pas les méninges. Globalement, je ressors mitigée de ma lecture. Peut-être même un petit peu déçue.

Je tiens à évoquer brièvement la couverture : elle est noire, elle est simple et jolie, assez mystérieuse… Je l’aime beaucoup. Une fois ma lecture achevée j’ai mis du temps à me demander le lien avec l’histoire…

La Veuve, comme vous l’avez lu dans le résumé, cela raconte comment la vie d’un couple sans histoire et aux apparences bien sous tous rapports voit sa vie complètement basculer du jour au lendemain suite à la disparition d’une petite fille et aux accusations portées contre le mari. Si vous vous attendez à une erreur judiciaire, à une intrigue haletante et une enquête qui piétine, détrompez-vous! (Enfin, sauf pour l’enquête, mais j’y reviens plus bas!). Il n’y a aucun suspense, dans ce livre, on s’attache davantage au pourquoi.

Ce qui m’a plu cependant, ça a été de gratter le vernis. En effet, au départ, on a un raisonnement très manichéen : Le couple est sans histoire. Glen a craqué. Jane n’était au courant de rien. Draw est la pauvre victime. Et en fait… c’est un petit peu plus compliqué que ça. Oui Draw est une victime… mais pas si innocente que ça. Glen est coupable MAIS … et Jane ben… elle est compliquée : au départ on ne doute pas et petit à petit…
Par ailleurs, tout au long du livre, on a le rapport que font les médias de l’affaire. Aussi ai-je trouvé que ce livre nous montrait combien : 1. Les médias ne disent pas tout. 2. On ne peut essayer de comprendre un fait tant que l’on ne dispose pas de tous les éléments. Ce que je veux dire c’est qu’à travers ce livre, on est certain de l’innocence d’une personne alors qu’en réalité… ce n’est pas le cas.

« Voyez-vous, mon mari est décédé il y a trois semaines.
Renversé par un bus devant le supermarché Sainsbury’s.
Une minute il était là, à m’agacer à propos des céréales que j’aurais dû acheter, l’instant d’après il était mort sur la chaussée. […]
Tout le monde s’est montré très gentil, on a cherché à me dissimuler son corps ; je ne pouvais tout de même pas leur avouer que j’étais heureuse qu’il soit mort.
C’en était fini de ses bêtises. »

D’autre part, j’ai beaucoup aimé les voyages dans le temps. D’un côté nous avons le présent : Jane, sans Glen, qui se dévoile petit à petit. Et de l’autre on dispose des faits, de l’enquête au moment de l’enlèvement de Bella (la fille de Draw). Et forcément, les deux périodes finissent par n’en former plus qu’une… J’aime beaucoup ce genre de récit. Cela m’a rappelé Rêver & la Vérité sur l’Affaire Harry Québert… De manière plus simple cependant. 🙂
Couverture A l'intérieur
Durant ma lecture, je n’ai pas cessé de faire des parallèles avec A l’intérieur, un livre traitant la maladie d’Asparger que j’avais vraiment beaucoup aimé. Le principe est vaguement le même : on dispose d’un coupable, on le connaît dès le démarrage et on tend à s’attacher aux circonstances, au pourquoi et bien davantage aux personnages… Cependant, autant dans A l’intérieur, j’avais été conquise et complètement emportée dans l’histoire, autant dans ce livre-ci… j’ai moins accroché. Peut-être une impression de déjà vu, je ne sais pas.

Une chose qui m’a dérangée également, c’est l’enquête. J’ai trouvé que la police s’était vraiment précipitée sur son suspect, même si tout l’accusait. Généralement ils prennent le temps d’examiner les pistes plusieurs fois… et là non. J’ai été vraiment déçue.

Par ailleurs, je n’ai pas compris l’intérêt de rouvrir l’enquête, d’établir un nouveau suspect (ou du moins lui faire faire une boulette pour… en fait non. Je me suis sentie perdue. J’ai eu le sentiment que l’on voulait tenter de me berner alors que … non.)

Enfin, les personnages. Il y en a beaucoup, mais certains sont plus récurrents que d’autres, je m’attarderai donc sur ceux-ci. Glen pour commencer : au démarrage, on voit qu’il a un réel ascendant sur son épouse qui accepte d’ailleurs pleinement la situation  (cela m’a vraiment dérangé en fait, on avait l’impression d’un couple de l’ancien temps ! ), qu’il ne doute jamais de lui et brusquement, au moment de l’affaire Bella, toutes ses certitudes s’effondrent et il se renferme petit à petit (ce qui est toutefois compréhensible). A aucun moment, il ne m’a inspiré une quelconque forme de pitié. Jane est davantage complexe (mais tout est relatif). Au départ elle apparaît comme une femme soumise et inoffensive et elle se révèle pourtant totalement différente à la mort de son mari.
Kate & Bob Sparkes m’ont inspiré bien plus de sympathie (aka l’univers manichéen, tout est lié) tous deux mènent l’enquête de leur côté pour tenter de révéler au grand public la vérité sur toute cette affaire (qui piétine rappelons-le). Ils sont tenace et la jeune femme use de tout pour arriver à ses fins. Elle est sûre d’elle et manipule les uns et les autres sans complexe. Enfin Draw, que je n’ai pas beaucoup appréciée non plus… Elle m’a semblé investie au démarrage, puis après, j’ai vraiment eu le sentiment qu’elle profitait de l’effet médiatique sur la disparition de sa fille pour se mettre en avant. J’ai vraiment été dérangée par tout cela.

« Garder un secret procure une étrange sensation. C’est comme une pierre qui pèse dans mon ventre, qui broie mes entrailles et me donne envie de vomir chaque fois que j’y pense. »

En conclusion : ♥♥ La Veuve aurait pu être un bon livre. Il dispose de plusieurs points positifs tels que sa couverture, les voyages dans le temps et le fait que ce que l’on pense être manichéen ne le soit pas forcément (c’est ce qui d’ailleurs donnait une dimension adulte au récit… Sinon je pense que le roman aurait clairement pu être répertorié thriller jeunesse ). Autrement, j’ai trouvé l’intrigue assez fade et ai eu le sentiment que l’autrice voulait me berner mais n’y est pas parvenue. J’ai apprécié certains personnages mais sans plus. Bref, La Veuve peut être un bon roman si l’on n’a pas beaucoup d’exigences en terme de thriller ou que l’on veut lire un livre sans se prendre la tête DU TOUT.

Par Nina

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