Reflex par Maud Mayeras

♥ COUP DE COEUR ♥

Reflex est un thriller écrit par Maud Mayeras et publié aux éditions Pocket en 2015. Il comporte 474 pages.

Iris Baudry est photographe de l’identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes. Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croque-mitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là ou sévit un tueur en série dont la façon d’écorcher ses victimes en rappelle une autre. La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu’Iris croyait éteint va s’enflammer à nouveau dans l’objectif de son reflex.

***

Je suis tombée sur ce livre dans une bouquinerie. J’avoue ne pas réellement savoir pourquoi je l’ai pris, puisque le résumé est somme toute basique et que je n’avais pas vu la couverture… la seule chose qui emportait les suffrages c’était l’état du livre qui paraissait neuf, pour 3€… contrairement à ses copains qui étaient tous abîmés… Quoiqu’il en soit, je sors plus que conquise de ma lecture ! Je vous explique :

Iris est photographe pour l’identité judiciaire et doit prendre des photos de scènes de crime pour l’inspecteur Reisse. Un jour elle est envoyée par erreur dans son village natal pour photographier le cadavre d’un enfant sur un quai de gare… cependant, le corps du petit garçon lui rappelle Swan, son fils, décédé quelques années plus-tôt, assassiné dans ce même village. Piégé dans ce village qu’elle a voulu fuir, Iris va se rendre compte que la vérité n’est pas toujours celle que l’on pense et va se faire rattraper par les démons d’un passé qu’elle aurait préféré oublier.

La première chose qu’il faut que vous sachiez, c’est que le résumé éditeur n’est que tromperie ! Hé oui ! Car si vous achetez Reflex pour suivre une enquête policière où un assassin est en fuite et où les pauvres enquêteurs le pourchassent en se droguant littéralement aux cafés imbuvables du distributeur du 36, hé bien vous ne trouverez rien de cela là-dedans. Le thriller prend ici une dimension bien plus psychologique. Un des seuls liens avec le milieu de l’enquête est la profession d’Iris : photographe de scènes de crime. Je tiens d’ailleurs à souligner que c’est assez rare de suivre le point de vue d’une personne autre qu’un enquêteur dans le milieu de l’investigation !

Comme à l’accoutumée, je vais commencer par parler des personnages. D’abord Iris. Elle est une jeune femme bègue et fragile –psychologiquement s’entend- ayant eu une enfance malheureuse entre un père malade et une mère présentée comme « folle » et violente. Elle a tragiquement perdu son unique fils et cela l’a poussé à quitter son village natal et à ne plus y remettre les pieds. Ensuite Diane, la mère d’Iris. Elle est présentée comme froide et violente. Au tout démarrage, le lecteur apprend qu’elle n’a plus tous ses esprits. Elle n’a que Jackie Philco comme véritable amie. Celle-ci était la voisine des deux femmes. Elle paraît généreuse et très amicale. Elle se pliait en quatre pour Iris et était pour la jeune femme une sorte de figure maternelle.
Les personnages sont globalement tous différents. D’une manière différente, on peut autant s’attacher à un personnage que le détester, ils ont leurs qualités et leurs défauts.

En plus de l’histoire d’Iris, nous avons une autre histoire intercalée que l’auteur a choisi d’intituler silence. L’histoire y débute en 1919, dans le même village : on y retrouve donc des lieux et des bâtiments en communs. Elle se déroule jusqu’à aujourd’hui. On y suit l’histoire de Julie Carville et de sa descendance sur trois générations. Le livre est donc une succession de chapitre de ces deux histoires. La partie « Silence » a été la partie que j’ai le plus aimé retrouver.

Chaque chapitre débute par une petite pensée d’Iris, par exemple « Je n’aime pas les ascenseurs, leurs boutons sales, leur moquette râpeuse, leur mécanique incertaine. Leurs portes qui peuvent vous faire mal, vous emprisonner pendant des heures, s’ouvrir sur le vide et vous y projeter comme un fichu pantin ». Cependant, on remarque que ces petites phrases disparaissent en fin de livre, comme si tout s’accélérait et qu’Iris n’avait pas vraiment le temps de penser à des choses « existentielles » ; et n’apparaissent pas non plus au début.

En plus de se cantonner à Iris et à ce qui lui touche de près ou de loin, le roman aborde différents sujets. Tout d’abord, le mépris de la différence, que l’on retrouve beaucoup de nos jours, simplement parce que quelqu’un a une maladie ou est différent de nous –un nous individuel ici- les phrases « Hé l’attardé, tu veux jouer avec nous ? » ou « T’es content, hein, le débile ? » sont des phrases que l’on entend beaucoup de nos jours, et notamment dans les cours d’écoles, ce je trouve assez affolant.
Image de rape, dress, and textEnsuite, on peut retrouver la manière dont le viol était considéré à l’époque de nos grands-parents « elle s’était laissée faire », « cette fille qui avait déshonoré sa famille en souriant au loup » ou bien « l’adolescente avait forcément provoqué ce qui lui était arrivé »… Normalement, beaucoup auront pu constater que ces paroles ont toujours de la valeur aujourd’hui, puisque l’on entend souvent que les femmes qui se font violer n’ont qu’à pas s’habiller de telle ou telle manière »… nos sociétés sont dans le déni de reconnaître la femme comme victime, et j’ai été très touchée par le cas de la victime dans l’histoire de Maud Mayeras.
Les violences faites aux enfants ainsi que leurs conséquences sur le futur de ces enfants est aussi quelque chose d’évoqué dans le roman, cependant, je ne peux pas vraiment vous passer d’extraits ici, car cela révélerait beaucoup trop de choses. Pour finir, il y aurait le fait de se méfier des apparences, puisque l’on ne connaît jamais vraiment quelqu’un, qu’il soit notre voisin depuis des années ou bien notre plus proche ami… et bien entendu, ce n’est pas parce qu’une personne à l’air « louche » qu’elle ne peut être remplie de bonnes intentions, mais ça, vous le savez tous bien entendu, en bons samaritains que vous êtes.

Je me suis laissée berner par l’auteur du début à la fin de l’histoire, je n’ai pas de mots pour vous dire l’ampleur des révélations, la tournure inattendue que prenait l’histoire. Les deux dernières pages ont littéralement enfoncé le clou, qui, je peux vous le dire, était déjà bien enfoncé !

Je mettrai un petit plus pour la bande-son que l’auteur a rajouté à la fin du livre et je vous laisse imaginer le bond que j’ai fait lorsque j’ai vu les noms des artistes la composant ! (juste un aperçu de quelques noms : Slipknot, Nirvana,  Radiohead, Asaf Avidan, Kings of Leon et pour finir : Marilyn Manson ! *.*)

En conclusion : ♥♥♥♥♥ Reflex est un thriller qui m’a plu bien plus qu’il n’était supposé le faire puisque le résumé ne m’avait qu’à moitié emballée ! On tourne les pages sans jamais s’arrêter et surtout, on se laisser berner du début à la fin, si bien que les révélations arrivent sans qu’on ne les voit venir ! Les sujets abordés sont des sujets qui me touchent beaucoup de par leur portée et leur importance dans nos sociétés et je trouve que Maud Mayeras utilise les bons mots pour en parler !

Bref, si vous n’avez pas lu Reflex, foncez vous l’acheter, surtout qu’il existe en poche 😉

Par Nina

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2 réflexions sur “Reflex par Maud Mayeras

On en discute ? ;)

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